«Tout est basé sur le préventif»

Tennis

Philippe Vandenbergh

Publié le

Le médecin liégeois qui coordonne tous les soins de Justine explique la démarche d'une équipe

LIÈGE Depuis deux ans, le docteur Messens, chirurgien spécialisé dans les pathologies de l'épaule, s'occupe, à la demande de Justine, de la coordination de son équipe médicale. «Cela veut dire, nous explique-t-il entre deux opérations, qu'il y a un contact quasi permanent avec son coach, Carlos Rodriguez, les kinés mis à sa disposition (toujours les deux ou trois mêmes de la WTA), le préparateur physique Pat Etcheberry en Floride (lire ci-dessus) et, bien sûr, les médecins ici dont mon confrère le docteur Joris» (lire ci-dessous).

Mot d'ordre de toute l'équipe: le préventif. A tous crins. «Quand on m'a envoyé Justine la première fois, elle pouvait à peine lever le bras. Un mois plus tard, elle jouait Roland-Garros. Mais à ce rythme-là, c'est-à-dire en jouant blessée et en multipliant les charges de travail, on ne peut pas tenir longtemps. Regardez ce qui se passe avec les soeurs Williams. Nous avons donc mis au point un programme précis et spécifique pour amener Justine notamment là où elle est aujourd'hui. C'est un programme très exigeant qui comprend entre autres deux heures de kiné tous les jours, même en période de tournoi quand c'est possible. Nous avons d'ailleurs, avec Carlos, allégé son calendrier car de courtes périodes sans jouer sont indispensables pour soulager son organisme.»

À l'origine de la polémique en cours, il y a notamment le changement rapide de la musculature de la Rochefortoise cet hiver. «C'est le fruit d'un travail intense de plusieurs heures par jour à Tampa. Vous aurez remarqué qu'il concerne les membres inférieurs qui étaient son point faible. Elle est, en revanche, fragile de l'épaule, aussi ne faut-il pas la forcer outre mesure. La créatine? Je sais que les moeurs sont plus libérales en la matière aux Etats-Unis mais je puis vous assurer que Justine n'en prend pas. Elle est bien trop intelligente et trop honnête que pour mettre son corps à mal pour rien.»

Pour le docteur Messens, il est clair que ce travail d'équipe a fait progresser Justine de 30 à 40% dans son potentiel. «Et nous pensons que sa marge de progression est encore très importante. Le tout est d'y aller lentement et en parfaite connaissance de cause tout en gardant la mainmise sur l'ensemble de l'avancée des travaux.»

© Les Sports 2003

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