Tennis Suspendu pour avoir refusé un contrôle antidopage, le Serbe a gagné plus de 700 places depuis le 21 juillet.

Oubliez Novak Djokovic, Roger Federer, Marin Cilic, Kei Nishikori ou encore David Goffin ! L’homme de 2014, c’est peut-être Viktor Troicki. Le Serbe, 28 ans, est en train de réaliser un retour stupéfiant après 12 mois de suspension pour avoir refusé un contrôle antidopage au tournoi ATP Masters 1.000 de Monte-Carlo en 2013. Le droitier de Belgrade, qui s’est hissé jeudi en quart de finale à Vienne en battant Lukas Rosol 6-3, 6-2, est passé en trois mois de la 847e à la 127e place à l’ATP !

"J’ai vécu une année très difficile", confia-t-il récemment dans une interview à CNN. "Mentalement, cela a été assez pénible. Je n’ai jamais cherché à tricher", a-t-il clamé. "Et je trouve particulièrement injuste d’avoir été puni de la sorte car je sais exactement ce qui s’est passé. Le plus important, cela dit, c’est que j’étais clean , mais je l’ai payé au prix fort."

Héros de la victoire de la Serbie en Coupe Davis en 2010 et ancien n°12 à l’ATP, Viktor Troicki avait, en fait, refusé une prise de sang à Monte-Carlo car il a une peur bleue des aiguilles et ne se sentait pas bien le jour du contrôle. En revanche, il avait fourni un échantillon d’urine. La responsable du contrôle lui aurait alors dit qu’il pouvait renoncer à la prise de sang pour autant qu’il en informe le responsable du programme antidopage de l’ITF.

"Si j’avais su..." soupira-t-il. "Je me suis toujours conformé aux règles en la matière. J’ai d’ailleurs subi plusieurs tests durant ma suspension et ils furent tous négatifs. Le pire, dans toute cette histoire, c’est que la doctoresse qui m’a donné une fausse information a pu continuer à exercer son métier. Elle a fait une erreur, mais c’est moi qui ai été sanctionné. J’ai dû repartir de zéro."

Pour arriver à revenir des abysses, Viktor Troicki a pu compter sur le soutien de son compatriote Novak Djokovic. Le n°1 mondial, vainqueur de Wimbledon, l’a régulièrement invité à s’entraîner avec lui à la veille de tournois, à Dubaï, à Miami, ou à Monte-Carlo. Et il l’a aussi aidé à obtenir l’une ou l’autre wild card, comme à Pékin, il y a deux semaines.

"Novak a montré combien il était un véritable ami. Cela lui a valu des problèmes, mais il a continué à me soutenir. Je ne l’oublierai jamais", ajouta le natif de Belgrade, qui en a profité aussi pour reprendre des études en management sportif. "J’en ai encore pour trois ans, mais un diplôme peut toujours servir. On verra. Pour l’heure, je me concentre sur le tennis. La page est tournée et je veux prouver autre chose..."