En 2017, Jelena Ostapenko avait surgi tel un tourbillon sur la Porte d’Auteuil. La Lettone avait remporté le titre alors qu’elle disputait, à 20 ans, son deuxième Roland. Son jeu rempli de puissance et de risque avait fait des ravages. Les plus optimistes voyaient en Ostapenko la nouvelle reine du circuit. Aujourd'hui, elle est fatiguée de revenir tout le temps sur cette aventure. "C'était il y a trois ans. J'étais jeune. C'était difficile de gérer la pression après ma victoire. J'ai peut-être inspiré la nouvelle génération, maintenant, c'est Naomi Osaka qui m'inspire."

D’inspiration, elle en a besoin. Depuis ce sacre inattendu, Jelena Ostapenko va de déception en déception. A l’exception de Wimbledon, elle n’a jamais atteint les huitièmes de finale d'un Grand Chelem. Avec Jelena, c’est tout ou rien.

Il semble que ce Roland-Garros 2020 soit du côté du tout. Elle vient de battre la tête de série n°2.Elle a fait preuve de maturité face à la Tchèque Karolina Pliskova. Aurait-elle digéré son nouveau statut ? "À l'époque, personne ne me connaissait. Maintenant, on me connaît un peu plus. Les autres savent comment je peux jouer."

Elle a appris la patience. Pour se hisser au 3e tour, elle a changé de registre en acceptant de construire l’échange. Elle a été récompensée (6-4, 6-2). "Je savais qu'il fallait que je renvoie le plus de balles possible."

Le climat très froid n’est pas propice au jeu en puissance. Par conséquent, les amorties et les longs rallyes fleurissent. Ostapenko s'est trouvée un nouveau chemin. La voie de la sagesse...