Un solide rameau d'Olivier

Tennis

Serge Fayat

Publié le

Un solide rameau d'Olivier
© EPA
Rochus bat Costa, lauréat de Roland-Garros, après avoir sauvé deux balles de match, à Hambourg

HAMBOURG Il l'a déjà battu. A Indian Wells, à la fin de l'hiver, en trois sets 5-7, 6-4, 6-4. Là, certes, ce n'est pas du tout la même chose. Olivier Rochus (ATP 65) a créé la sensation, mercredi, lors de la troisième journée du tournoi sur terre battue d'Hambourg, cinquième des neuf Masters Series de l'ATP Tour.

Sur le court n°1 du Rothenbaum, le petit Auvelaisien, 22 ans, a éliminé au deuxième tour de l'épreuve un certain Albert Costa (ATP 8), tenant du titre à Roland-Garros. Au terme d'une bataille épique de 2h40, il s'est imposé 3-6, 6-3 et 7-6 (7/3), après avoir écarté deux balles de match à 6-5 en sa défaveur.

«Cela s'est joué à pas grand-chose, mais pour une fois la réussite s'est trouvée de mon côté, expliqua-t-il, le sourire aux lèvres. Sur une de ces balles de match, il m'a ainsi frappé un passing-shot qui aurait été gagnant s'il n'avait terminé sa course dans la bande du filet. Il faisait froid, il y avait beaucoup de vent, ce qui a rendu les conditions de jeu très difficiles, mais je me suis bien battu. J'ai le sentiment d'avoir trouvé enfin mes marques sur terre battue...»

Quart de finaliste à Marseille, puis finaliste à Copenhague, chaque fois battu par le talentueux Slovaque Karol Kucera, Olivier Rochus avait entamé de fort belle manière sa saison 2003. La suite, cela dit, allait se révéler moins heureuse. Eliminé successivement au premier tour des tournois de Casablanca, Monte Carlo, Barcelone, Munich et Rome, le puîné de la famille s'était présenté à Hambourg en n'ayant plus gagné le moindre match en deux mois. C'est dire si cette accession en huitièmes de finale lui fait un bien fou...

«J'aurais signé des deux mains»

«Cette victoire est idéale pour ma confiance, poursuit-il. Tout comme le fut celle de lundi contre Younes El Aynaoui. Si on m'avait dit que je me hisserais en huitièmes de finale ici, j'aurais signé des deux mains. Je sais que pour le même prix, j'aurais pu arriver à Roland-Garros sans avoir gagné le moindre match sur terre battue, ce qui n'aurait pas vraiment été l'idéal. Ce n'est d'ailleurs qu'au moment où j'étais certain de figurer dans le tableau final que j'ai décidé de me rendre ici à Hambourg. Désormais, je n'ai plus rien à perdre. J'espère, simplement, que j'aurai bien récupéré.»

C'est que l'aventure est peut-être loin d'être terminée. Au tour suivant, c'est ainsi Tim Henman (ATP 27) qu'il retrouvera de l'autre côté du filet. Victime d'une douleur chronique à l'épaule, le Britannique a très peu joué cette saison et la surface ocre n'est pas spécialement sa tasse de thé. Cela ne l'a, certes, pas empêché de battre, 6-0, 3-6, 6-2, un autre éclopé, Sébastien Grosjean (ATP 15), blessé depuis plus d'un mois à une cuisse, dans une rencontre à géométrie variable interrompue par la pluie.

Malisse échoue

«Je ne peux plus me rappeler la dernière fois que j'ai remporté deux matches d'affilée, a plaisanté Tim Henman. J'ai travaillé dur pour cela. C'est un pas important pour moi de figurer au troisième tour d'un tournoi de ce calibre.»

Pour Xavier Malisse (ATP 30), en revanche, l'aventure dans l'épreuve allemande est terminée. Brillant vainqueur, mardi, d'Alex Corretja (ATP 17), demi-finaliste du dernier Roland-Garros, le Courtraisien n'a pu confirmer ses bonnes dispositions à l'occasion de son deuxième tour. Il est même solidement retombé les pieds sur terre, s'inclinant en deux sets, 6-3 et 7-6 (7/5), contre Mark Philippoussis (ATP 67), pourtant pas réputé comme spécialiste de la brique pilée.

En sport, c'est bien connu, la vérité d'un jour n'est pas spécialement celle du lendemain...

© Les Sports 2003

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