Après une saison décevante, l'Anglais gagne à Bercy son premier Masters Serie

PARIS Le tennis est parfois curieux. Il y a dix jours à peine, Tim Henman n'était même pas qualifié pour le tournoi de Bercy (il ne dut son accession au tableau final qu'au forfait du Suédois Thomas Johansson). Et, hier, l'Anglais remportait tout simplement l'épreuve en dominant, en finale, Andrei Pavel en trois sets (6-2, 7-6, 7-6).

Drôle d'histoire! Rien n'avait réussi, cette année, à l'enfant chéri du tennis britannique. Opéré de l'épaule droite voici un an, il avait peiné à retrouver la forme en début de saison. Battu en quart de finale dans son jardin de Wimbledon par Sébastien Grosjean, sorti au premier tour de l'US Open par le futur vainqueur Andy Roddick, il avait tout juste sauvé les apparences en remportant le tournoi de Washington. «J'ai relativement peu joué cette saison. C'est ce qui me permet, sans doute, d'être aujourd'hui très frais physiquement», admet-il.

Pointé à la 31e place de la hiérarchie mondiale en début de semaine, le natif d'Oxford a, en tout cas, signé un parcours très brillant sur la scène parisienne, éliminant successivement le Russe Davidenko, le Français Grosjean, le Brésilien Kuerten, le Suisse Federer, l'Américain Roddick et, hier, l'étonnant Roumain Andrei Pavel. Un vrai parcours de combattant qui prouve combien l'Anglais respire actuellement la grande forme.

Fidèle à ses grands principes, Henman a construit ses victoires en s'appuyant sur ses armes favorites: un service cinq étoiles, une volée naturelle d'une grande fluidité et un revers slicé qu'il maîtrise avec une rare aisance et qu'il suit traditionnellement au filet. Un arsenal très classique pour un joueur élevé sur gazon! «Je me sentais bien, en confiance. J'attaquais même sur le deu- xième service adverse...»

Cette victoire à Bercy, dans un Masters Serie, est à ce jour la plus importante de l'Anglais, 29 ans et professionnel depuis dix ans. Henman avait déjà disputé deux finales de la même catégorie (Cincinatti 2000 et Indian Wells 2002) mais il s'était, chaque fois, incliné. Et, dans les tournois du Grand Chelem, il n'a jamais pu dépasser le cap des demi-finales (1998, 1999, 2000 et 2002 à Wimbledon). «J'espère que cette victoire va donner un nouvel élan à ma carrière», souriait-il, hier, son humour britannique en bandoulière.

© Les Sports 2003