Il s'en souviendra de ce 4 septembre, Mannarino. Déjà sous surveillance rapprochée et à l'isolement pour avoir fait partie des joueurs ayant côtoyé Benoît Paire, il a dû attendre près de trois heures que la Fédération américaine (USTA) obtienne le feu vert pour que ce match ait lieu.

Car, contrairement aux autorités sanitaires de la ville de New York, qui l'autorisaient à disputer ses matchs depuis qu'il avait accepté un nouveau protocole plus contraignant dimanche dernier, ce sont les autorités de l'Etat de New York qui ont voulu le maintenir en quarantaine.

Finalement, dans ce contexte très éprouvant psychologiquement, Mannarino a pu défendre ses chances. Il a même été bluffant dans son entame contre le 7e mondial, peut-être lui aussi perturbé par la situation, en s'emparant de la première manche au tie-break.

Par la suite toutefois, l'Allemand a pris le contrôle du match pour ne plus le lâcher, tandis que Mannarino, décidément peu gâté par le sort se faisait mal à l'aine gauche au 3e set. Une douleur qu'il a traînée jusqu'au bout, battu en 2h52, soit, peu ou prou, le temps qu'il avait fallu à l'USTA pour lui permettre de jouer.

Garcia out

"Je suis reconnaissant à toutes ces personnes qui se sont démenées pour que je puisse jouer. J'ai perdu, mais je suis content d'avoir pu disputer ce match", a déclaré le Français guère aigri ni rancunier.

Bien plus tôt, Caroline Garcia avait vu son aventure new-yorkaise s'arrêter brutalement, sèchement battue par Jennifer Brady (41e) 6-3, 6-3 en 1h16. L'Américaine affrontera la lauréate 2016 Angelique Kerber (23e) pour une place en quarts.

Sa victoire aux dépens de la Tchèque Pliskova (3e mondiale et tête de série N.1) au 2e tour avait démontré que Garcia était en bonne voie pour retrouver le jeu qui lui avait permis d'atteindre la 4e place mondiale en 2018 avant un passage à vide physique. Mais elle n'a pas pu confirmer.

Ce ne sera encore pas cette année que la Lyonnaise de 26 ans franchira pour la première fois le cap de la première semaine à Flushing Meadows et son meilleur résultat en Grand Chelem restera donc encore son quart de finale à Roland-Garros en 2017.

Djokovic au galop

Corentin Moutet, lui, a réussi une jolie performance en battant le Britannique Daniel Evans (31e) 4-6, 6-3, 7-6 (7/5), 7-6 (7/1), pour atteindre le 3e tour pour la première fois, à 21ans. La veille, leur match avait été interrompu par la pluie.

Mais au prochain tour, le Français 77e mondial aura encore plus fort à faire face au prodige canadien Felix Auger-Aliassime (21e), tombeur d'Andy Murray au tour précédent.

Du côté des favoris, la logique a été respectée, avec plus ou moins de facilité pour les concernés.

Le N.1 mondial Novak Djokovic a balayé l'Allemand Jan-Lennard Struff (29e), 6-3, 6-3, 6-1, en 1h42.

Le Serbe monte en puissance: il n'a concédé aucun service, il a converti cinq balles de break et dicté sa loi sur le jeu, face à l'Allemand qu'il avait déjà écarté tranquillement en quarts de finale du Masters 1000 de Cincinnati la semaine passée. Dimanche, il aura face à lui l'Espagnol Pablo Carreno Busta (27e).

Chez les dames, Naomi Osaka, 9e mondiale, a aussi validé son billet pour les 8es, mais elle a été poussée dans ses retranchements par la jeune Ukrainienne Marta Kostyuk (137e) qui a joué crânement sa chance avant de céder 6-3, 6-7 (4/7), 6-2 en 2h33. La Japonaise, lauréate en 2018, affrontera l'Estonienne Anett Kontaveit (21e) pour tenter d'accrocher les quarts.