Il reste deux tournois à David Goffin pour doubler Thomas Berdych et devenir le premier Belge à disputer le Masters.

Dans les couloirs de l’European Open, Thierry Van Cleemput ne semblait pas trop abattu par la défaite de David Goffin en demi-finale de l’ATP 250 d’Anvers. Il tentait d’abord de mettre en exergue la qualité du jeu de son adversaire. "Je précise d’abord qu’il a été à deux doigts de passer", confie-t-il en évoquant les deux balles de match que le Liégeois a galvaudé à 5-7, 6-2, 5-4 40-15. "Schwartzman a livré une excellente prestation. Il a joué son va-tout. Le meilleur a gagné."

Ensuite, l’entraîneur voulait remettre ce tournoi dans son contexte. Face à l’Argentin, David Goffin a perdu à cause de sa fatigue. En temps normal, il aurait étouffé son adversaire en lui imposant des rallyes à n’en plus finir. Ce samedi, il n’avait plus d’essence dans le moteur à cause d’un calendrier de forçat où il vient d’enchaîner la Coupe Davis, Metz, Shenzhen, Tokyo, Shanghai, Anvers. "David est fatigué. Nous le savions avant de nous rendre à Anvers."

Il poursuit sa démonstration. "Il a tenu à rendre service à son pays à Ostende en Coupe Davis. Comme nous avons eu un souci cet été, il a eu besoin de retrouver du rythme. Nous avons alourdi son calendrier avec Metz et une tournée asiatique. À Shenzhen, nous nous sommes battus pour qu’il ne joue pas le mercredi, mais nous avons eu cette désagréable surprise. Il a, bien entendu, tenté d’assumer… Et le coup n’est, alors, pas passé."

La suite est connue. Il a vécu une finale à l’ATP 500 de Tokyo et un quart au Masters 1.000 de Shanghai. Comme Anvers n’est qu’un ATP 250 et comme David Goffin y était la tête de série n°1, le grand public pensait que ce titre était dans sa poche lundi. "Les gens croient que c’est facile", confirme Thierry Van Cleemput. "Le tableau était difficile. Copil et Schwartzman ont vraiment joué à un haut niveau."

Dimanche, David Goffin avait déjà quitté la Belgique pour la Suisse. Il participe à l’ATP 500 de Bâle. "Vu son âge et son classement, David Goffin est obligé de jouer 4 tournois ATP 500 et les 9 Masters 1.000. Comme il n’a joué que 3 ATP 500 (à savoir : Rotterdam, Halle et Tokyo), il devait jouer à Bâle."

Visiblement éreinté par ses six semaines consécutives de tournoi, il aborde l’épreuve de Bâle dans un état d’esprit particulier. "Nous y allons pour préparer Paris Bercy. Sans stress. Actuellement, il joue bien. Il a surtout besoin de récupérer."

En plus, il a hérité d’un tableau de la mort avec sa bête noire Marcos Baghdatis en ouverture avant d’enchaîner éventuellement avec Del Potro, Nishikori, Raonic et Wawrinka en finale. "Nous n’avons fixé aucun objectif en matière de classement. Il vit sa plus belle saison. Le Masters n’est pas un objectif."

La phrase de l’entraîneur est difficile à croire. Jamais un Belge ne s’est qualifié pour un Masters. David Goffin a de réelles chances d’y participer. Est-il possible de ne pas zieuter le classement et de sortir les calculettes pour estimer un pourcentage de chances d’être à Londres lors de ce rendez-vous des maîtres ? "Le Masters n’est pas un objectif", martèle Thierry Van Cleemput, agacé. "S’il s’avère qu’il possède assez de points pour recevoir une invitation, nous nous y rendrons, bien entendu. Ça ne se refuse pas."