Vliegen prend un nouvel envol

Tennis

Serge Fayat

Publié le

Il a un nouveau coach, son ancien, Ph. Dehaes

RIXENSART Kristof Vliegen (ATP 53) a le vent en poupe. Depuis le début de la saison, le Limbourgeois a ainsi gagné 42 places à l'ATP. Il peut dès lors paraître paradoxal qu'il ait décidé de se séparer de son coach Gunther Vanderveeren, avec qui il travaillait depuis près d'un an. C'est son choix et il l'assume. «J'ai le sentiment que j'aurais pu réaliser la même progression avec ma mère à mes côtés», lança-t-il. Il part vendredi à Monaco avec son ancien entraîneur, Philippe Dehaes.


Kristof Vliegen, tout semble vous réussir depuis quelques mois. Comment expliquez-vous vos progrès?

«J'ai grandi, j'ai mûri, j'ai beaucoup travaillé et tout s'est mis en place. Plus jeune, j'ai commis des erreurs, mais aujourd'hui, à 23 ans, j'ai réalisé ce que représentait un carrière de joueur de tennis professionnel.»

N'est-il dès lors pas paradoxal que vous ayez pris la décision de vous séparer de votre coach actuel, Gunther Vanderveeren?

«Peut-être, mais j'ai le sentiment que j'aurais pu réaliser la même progression avec ma mère à mes côtés.»

Ce n'est pas très sympa pour lui...

«Je serais malhonnête si je disais que Gunther ne m'a rien apporté, mais cela faisait déjà un bon bout de temps que je sentais que je n'étais plus loin de faire des résultats. J'avais bien évolué à la fois tennistiquement, physiquement et mentalement. Il fallait que cela paye un jour.»

Que s'est-il passé exactement?

«J'ai constaté lors de l'Australian Open que nous n'avions pas la même philosophie. Or un joueur et un coach, en tennis, c'est comme un couple. Gunther me voyait, d'ailleurs, plus souvent que ma copine. Des tensions sont réapparues lors de la tournée américaine et cela risquait de porter préjudice à ma carrière. Le plus important pour moi est d'être bien dans ma peau à 100%»

Mais encore...

«Pour résumer, nous différions sur la manière de concevoir mon jeu ainsi que la programmation de mes tournois. A long terme, notre collaboration n'aurait jamais pu fonctionner. Mieux valait dès lors se séparer.»

Vous avez choisi de retravailler avec Philippe Dehaes, votre ancien coach. Pourquoi?

«Philippe ne croit pas en moi à 100%, mais bien à 200%. Il respecte ma manière de vivre et d'agir et je sais qu'il me soutiendra dans chacun des choix que j'effectuerai même s'il n'est pas d'accord. Philippe a vécu les pires années de ma carrière, mais j'ai dit un jour que je retournerais travailler avec lui et je vois en lui quelqu'un susceptible de m'amener plus loin que la 53e place mondiale.»

Justement, quels sont vos objectifs désormais?

«Je vise la deuxième semaine dans les levées du Grand Chelem et j'espère intégrer le Top 50 le plus rapidement possible. A terme, j'aimerais devenir numéro un belge et réussir à imiter Olivier Rochus. Jeune, mon idole se nommait Boris Becker, mais aujourd'hui, je dois dire que j'ai beaucoup d'admiration pour Olivier. Je le prends comme exemple pour la manière dont il joue et gère.»

Dans quels domaines pouvez-vous encore progresser?

«Comme Roger Federer, je dirais que je peux encore m'améliorer partout, mais peut-être surtout en revers. J'aimerais parvenir à en faire un vraie arme.»

© Les Sports 2006

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