Christophe Rochus portait les derniers espoirs belges en qualifications

MELBOURNE De rage, il a cassé sa raquette sur la porte de sortie du terrain. Puis, ne parvenant plus à l'ouvrir, il s'est résolu à l'enjamber pour filer tout droit vers les vestiaires. `Je retourne directement à l'hôtel´, lança-t-il à son coach, Philippe Dehaes sans que celui-ci ait le temps de lui répondre quoi que ce soit. Le visage rouge, les yeux humides, il a jeté son instrument de travail dans la première poubelle venue avant d'insulter, sur le coup de la frustration, un garde de la sécurité qui n'avait pu lire assez rapidement son accréditation...

Le rêve de Kristof Vliegen (ATP 114) de disputer la première levée du Grand Chelem de sa jeune carrière à l'occasion de l'Australian Open s'est envolé, vendredi après-midi, sur le court n°6 de Melbourne Park. Le longiligne Limbourgeois, 20 ans, qui avait étonné le monde du tennis entier en se hissant en finale du tournoi d'Adélaïde dimanche dernier après s'être extirpé des qualifications a, cette fois, échoué au deuxième tour du tableau qualificatif contre le Russe Dmitry Tursunov (ATP 319). Dans un vent à couper au couteau, le Maaseikois s'est incliné en trois sets 4-6, 6-4 et 6-3 au terme d'une belle bataille de près de 2h30 de jeu.

`Je n'ai pas envie de parler, expliqua-t-il le coeur gros. J'ai raté mon objectif. Je n'aurais jamais dû venir ici. J'aurais mieux fait de rentrer directement à la maison.´

Un sacré tempérament

Kristof Vliegen avait, logiquement, placé beaucoup d'espoirs dans les qualifications de l'Australian Open. Après avoir atteint la finale à Adélaïde pour ce qui constituait son tout premier tournoi ATP, le quatrième joueur belge au classement ATP s'y voyait peut-être en somme quelque part déjà. Garçon au tempérament de feu, qui n'hésite jamais à manifester sa mauvaise humeur quand les choses ne vont pas, il n'aura, malheureusement pour lui, pas réussi dans son entreprise. Cinq jours à peine après un fabuleux exploit qui le porta au-devant de la scène, il est en quelque sorte retombé les deux pieds sur terre. Sa déception n'en fut que plus grande...

`Il faut le comprendre, confia son coach, Philippe Dehaes. L'enjeu de ce match était très important. Tête de série n°2 du tableau qualificatif, il était quasiment assuré de sa place dans le tableau final en tant que lucky loser s'il passait ce tour. C'est dommage...´

C'est en effet dommage, d'autant que Kristof Vliegen avait justement battu ce même adversaire en trois sets au troisième tour du tableau qualificatif à Adélaïde. Comme quoi, en sport, la vérité d'un jour n'est pas nécessairement celle du lendemain. Dans l'avion qui le ramènera en Belgique, c'est certain, il méditera la leçon.

Entre-temps, les derniers espoirs de voir un septième Belge dans le tableau final reposaient sur les épaules de Christophe Rochus (ATP 136). Vainqueur 5-7, 7-6 (7/3) et 12-10 du Finlandais Tuomas Ketola (ATP 171), il rencontrait la nuit dernière l'Israélien Amir Hadad (ATP 231)...

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