Vous avez élu votre top 10 belge féminin de la décénnie! Juju en est la grande gagnante. Nos deux Kim complètent le podium

BRUXELLES Ce n’est pas une surprise. Avec la conquête de sept titres du Grand Chelem, d’une médaille d’or olympique et une présence de 117 semaines au sommet de sa discipline, Justine Henin ne pouvait trôner ailleurs qu’à la première place du référendum de la Sportive belge de la décennie. On est même prêt à parier que John McEnroe, qui pâlit de jalousie devant la qualité de son revers à une main, aurait voté pour elle s’il avait été au courant...

Haute comme trois balles de tennis, la demoiselle de Rochefort était déjà promise au plus bel avenir. Elle n’était pas la plus grande, ni la plus puissante, mais sous ses allures de garçon manqué, elle impressionnait par la fluidité de ses frappes et par sa ténacité. Elle le prouva une première fois en 1997 lorsqu’elle remporta le tournoi junior de Roland-Garros, mais c’est véritablement en 2003 qu’elle éclata.

Sous les yeux du monde entier, Justine Henin mit Paris en bouteille pour offrir à la Belgique son premier triomphe dans une levée du Grand Chelem sur la terre battue de Roland-Garros lors d’une finale noir, jaune et rouge contre Kim Clijsters. Elle remit le couvert trois mois plus tard à New York, dominant à nouveau sa compatriote après être sortie victorieuse d’une demi-finale d’anthologie contre Jennifer Capriati.

Juju, comme on l’appelait à l’époque, était définitivement lancée. Numéro un mondiale, elle ajouta l’Australian Open à sa collection, en janvier 2004, à nouveau au détriment de Kim Clijsters, lors d’une finale achevée dans la controverse. Et huit mois plus tard, elle tutoya l’Olympe en décrochant l’or aux Jeux d’Athènes.

Tout ne fut toutefois pas rose dans la carrière de cette jeune femme au caractère complexe, qui se plaît à répéter qu’elle ne fait jamais rien dans les règles. Elle dut ainsi composer avec des blessures, comme ce fameux cytomégalovirus, conséquence d’un entraînement un peu trop poussé aux États-Unis pour se bâtir un physique de l’emploi. Elle fut accusée de dopage par feu Lei Clijsters et de tricherie par le clan Williams et vit une bonne partie de l’opinion publique se retourner contre elle après son retour victorieux de Grèce par une porte dérobée.

La Famennoise, cela dit, a toujours pu rebondir, comme en 2006, lorsqu’elle disputa la finale des quatre levées du Grand Chelem, ou encore en 2007, lorsqu’elle gagna un quatrième Roland-Garros, un deuxième US Open et un deuxième Masters pour briller plus que jamais au firmament. Et cette année, après une mystérieuse pause carrière, elle épata par son accession en finale de l’Australian Open à son deuxième tournoi de rentrée.

Que nous réserve-t-elle encore pour cette décennie ?



© La Dernière Heure 2010