Wickmayer est, pour la première fois, en deuxième semaine à Wimbledon, après avoir battu Kuznetsova

envoyé spécial en GRANDE-BRETAGNE Serge Fayat

Elle l’a fait ! Et elle en avait presque les larmes aux yeux. Yanina Wickmayer (WTA 19) a réussi, vendredi midi, le bel exploit de se qualifier pour la toute première fois de sa carrière pour la deuxième semaine à Wimbledon. Sur le court n°12, la longiligne Anversoise a battu Svetlana Kuznetsova (WTA 12) 4-6, 6-3 et 6-4 au terme d’un match palpitant d’1h58 pour mériter d’affronter, lundi, Petra Kvitova (WTA 8) en huitième de finale.

“Je suis très heureuse”, s’exclama-t-elle, un large sourire aux lèvres. “Ce n’est pas tous les jours que je bats une joueuse d’un tel calibre. Il s’agit incontestablement de l’une des plus belles victoires de ma carrière, avec celles contre Radwanska en Fed Cup et contre Na Li à Dubaï. Ce fut un match incroyable ! Dans le dernier set, le niveau était terriblement élevé. Nous aurions toutes les deux pu gagner, mais j’ai refusé de lâcher. Pour me battre, elle aurait dû me passer sur le corps.”

Yanina Wickmayer n’est pas la joueuse la plus douée du circuit. Elle n’a pas la puissance de frappe des sœurs Williams ou la variété de coups d’une Clijsters ou d’une Schiavone.

Elle compense, en revanche, cette lacune par une volonté de fer et une détermination à toute épreuve. L’Anversoise n’avait ainsi encore jamais battu Svetlana Kuznetsova, mais vendredi, elle a joué comme si sa vie en dépendait, à l’image de la balle de match où elle plongea avec l’énergie du désespoir pour ramener une amortie et la déposer gagnante.

“Je ne sais pas comment j’ai fait”, sourit-elle. “C’était un point incroyable. Je ne pourrais même pas dire si j’ai imité un gardien de but, car il n’y en a pas un que j’admire vraiment. Je suis très contente du tennis que j’ai pu produire. Elle avait peut-être plus d’options dans son jeu avec ses montées au filet et ses amorties, mais j’avais le sentiment d’être très stable et de pouvoir lui mettre beaucoup de pression.”

Dans la forme qu’elle affiche, et surtout avec la confiance qui l’habite, Yanina peut même rêver de poursuivre sa belle aventure sur le sacro-saint gazon du All England Club. Lundi, vu que l’on ne joue pas le dimanche du milieu à Wimbledon, elle retrouvera une certaine Petra Kvitova de l’autre côté du filet. La jeune Tchèque, surprenante demi-finaliste l’an dernier, l’a bien battue à deux reprises cette saison, à l’Open de Paris et en Fed Cup, mais elle n’est pas Serena, Venus ou Sharapova.

“C’est phénoménal ce qu’elle fait ces derniers mois. Je crois que c’est une des filles qui a dû gagner le plus de tournois cette année (NdlR : trois en fait, Brisbane, Paris et Madrid). Elle m’a battue deux fois en trois sets, mais je n’étais pas très loin. Tout se jouera sur le service et sur ma faculté à la mettre sous pression, car elle a des coups qui font très mal. Mais bon, je n’ai plus rien à perdre dans ce tournoi. Tout ce qui arrive désormais sera du bonus...”



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