Tennis Après Simona Halep, notre compatriote s’occupe désormais de Victoria Azarenka.

Wim Fissette s’est vite remis de la fin de sa collaboration avec la Roumaine Simona Halep, finaliste du dernier Roland-Garros. Le voilà désormais en charge de l’ex-n°1 mondiale Victoria Azarenka pour un défi installé sur la durée...

Wim Fissette, comment cette nouvelle aventure a-t-elle commencé ?

"J’ai reçu un message de son agent Meilen Tu, mais comme je venais de lancer mon académie en Belgique et que ma femme et moi attendons notre premier enfant pour juillet, j’ai répondu que ça allait être compliqué. Elle m’a alors dit qu’on pouvait trouver une solution et on a réussi. En plus, j’ai beaucoup apprécié que Vika m’appelle ensuite. On a eu un très bon contact dès le début, elle a été très honnête avec moi. J’ai senti quelqu’un d’ambitieux et de tellement déterminé à retourner au sommet. C’est une très bonne opportunité pour moi et je crois vraiment qu’on peut avoir de bons résultats ensemble."

Est-ce compliqué d’arriver après Sam Sumyk, car Azarenka avait une relation très forte avec lui ?

"Elle a eu de grands moments avec Sam, mais 5 ans, c’est beaucoup et tous les deux avaient besoin de nouveaux défis. Je sais que Vika était triste quand il lui a annoncé son départ, mais je lui ai dit que c’était peut-être bien pour elle de tenter quelque chose de nouveau, de trouver une nouvelle motivation et une autre approche. Je parle beaucoup avec elle, je ne suis pas un dictateur sur le court. On travaille en équipe, je ne suis pas son patron."

Quels sont vos axes de travail ?

"Mon but est d’en faire une joueuse plus agressive et son but à elle est de devenir la joueuse la plus complète possible. Son retour est une arme, ça lui permet de prendre le dessus tout de suite dans l’échange. Je veux aussi améliorer son service, et qu’elle monte plus souvent au filet. Elle est très bonne en défense, mais elle est encore meilleure quand elle attaque, surtout quand elle reste collée à sa ligne. Et j’essaie aussi de booster sa confiance car elle a eu une année 2014 très difficile."

Sentez-vous une pression particulière ?

"Il y a toujours de la pression, mais on va juste faire de notre mieux. On ne peut pas faire plus. Elle travaille très dur, elle est très bien physiquement aussi. Elle est très perfectionniste : elle veut vraiment progresser. On a un accord à long terme, car Vika est comme ça : il n’y a pas de date de fin, elle veut s’installer sur la durée et ça me convient."

Il y a beaucoup de changements d’entraîneurs sur le circuit féminin, à l’image de ce qui vous est arrivé avec Simona Halep, comment l’expliquez-vous ?

"Certaines joueuses sont peut-être trop centrées sur les résultats à court terme. Et pour un coach, ce n’est pas toujours facile au début car parfois il faut penser au court terme car peut-être qu’on ne nous laissera pas le temps de construire sur la durée. Il y a un équilibre à trouver. Je n’aime pas arriver et changer beaucoup de choses tout de suite. Par exemple, je ne connais pas l’histoire de Vika avec son service : combien de temps a-t-elle travaillé dessus ? A-t-elle eu des problèmes d’épaules ? Il faut y aller étape par étape pour avoir une meilleure vision. Oui, c’est un peu comme ce qui est arrivé pour moi avec Simona Halep… On a eu une très bonne année; ok, on aurait parfois pu communiquer un peu mieux, mais c’est difficile parfois quand, comme à Singapour, la moitié de son groupe ne parle pas anglais. Mais elle progressait et j’avais l’impression que mon job n’était pas fini, que j’aurais pu en faire encore une meilleure joueuse. Mais c’est son choix et je suis fier de ce qu’on a réalisé. On n’a pas gagné un tournoi du Grand Chelem en revanche, et c’était mon but…"