Pour la première fois de sa carrière, Daniil Medvedev disputera les huitièmes de finale de Wimbledon. Mais le n°2 mondial, titré à Majorque avant le début du tournoi, a bien failli rater la fête. Totalement dominé par Marin Cilic pendant deux et demi, le Russe s’en est sorti grâce à une attitude irréprochable et aussi un gros coup de fatigue du Croate. On est quand même très loin désormais de l’époque pas si lointaine où Medvedev pouvait totalement dégoupiller sous le poids de la frustration, ce qui explique la saison ultra régulière qu’il est en train de réaliser avec, qui sait, bientôt une place de n°1 mondial.

Cilic, finaliste ici en 2017, avait vraiment retrouvé le jeu sur herbe de ses grandes heures ce samedi. Jusqu’à 7-6 (3), 6-3, 2-2, il était largement au-dessus c’est lui qui distribuait les gifles de coup droit, imposait une énorme cadence du fond du court et servait le plomb. Mais ce break subi à 2-2 après un jeu à rallonge a marqué le tournant du match. Physiquement il a commencé à marquer le coup et ça s’est progressivement traduit dans le jeu avec de plus en plus de mal à tenir le mano a mano et donc de plus en plus de fautes. Un dur rappel pour lui qu’il est vraiment dans le dur depuis le début de la saison, même si les choses semblent s’améliorer.

La victoire de Medvedev assure la présence de trois joueurs Russe en deuxième semaine puisque Karn Khachanov et Andry Rublev s’étaient déjà qualifiés. C’est la première fois que cela se produit depuis 2008 (Marat Safin, Dmitry Tursunov et Mikhail Youzhny). Dans la saga des premières, c’est aussi la première fois que Medvedev remonte deux sets de retard : "Face à Goffin ici j’avais perdu en cinq sets alors quand je suis sorti du court après le quatrième set là je me suis dit ‘non, pas moyen que ça recommence !’ Et oui, le bonus c’est que je remporte enfin un match en cinq sets après avoir été menés 2 sets à rien."

En 2021, Medvedev est en train de passer beaucoup de caps. Si dans le jeu, il n’a pas forcément impressionné, en revanche il a montré une volonté de fer qui pourrait le mener loin ici. En huitièmes, il aura avec Hubert Hurkacz un peu le même genre de rival que samedi : au moins maintenant, il est rôdé !