Philippe Dehaes est optimiste malgré sa défaite contre Costa d'entrée à Hambourg

HAMBOURG Le célèbre choc psychologique tant espéré à la suite d'un changement de coach n'aura pas eu lieu. Du moins, pas encore. Xavier Malisse (ATP 62) a échoué dès son entrée en lice, mardi au premier tour du tournoi Masters Series sur terre battue d'Hambourg. Le Courtraisien, qui vient de remplacer son entraîneur Carlos Zapata par Philippe Dehaes, s'est, effectivement, incliné en deux sets, 6-3 et 6-4 contre Albert Costa (ATP 31).

«Il a réalisé de très bonnes choses, mais il s'est montré trop passif, explique le coach brabançon. Le problème est que je récupère Xavier dans une situation assez délicate. Il figure en perte totale de confiance. Pourtant, sur ce que j'ai pu constater depuis que je suis avec lui, il n'est pas loin de son meilleur niveau. C'est d'ailleurs un petit peu ce qui le rend dingue», sourit-il.

Cette défaite contre le vainqueur de Roland-Garros en 2002 n'a cependant rien de déshonorant pour le premier joueur belge. L'Espagnol est un véritable crocodile de la terre battue et reste, d'ailleurs, sur une accession en demi-finales au tournoi de Rome, le week-end dernier, où il écarta notamment au passage Roger Federer (ATP 1). Entre-temps, cela dit, ses simples de Coupe Davis exceptés, Xavier Malisse n'a toujours pas gagné le moindre match sur terre battue en quatre tournois disputés.

«Il est motivé et bosse plus que les gens ne l'imaginent»

«Je dirais que la manière dont il appréhende le jeu sur terre battue n'est pas tout à fait la bonne, poursuit l'ancien entraîneur de Kristof Vliegen. Tactiquement, il ne possède pour l'instant pas les clefs pour y briller. Au lieu d'utiliser ses armes, c'est-à- dire son service et son coup droit, et d'aller vers le filet, il reste quatre mètres derrière sa ligne de fond et attend que cela se passe. Il faut qu'il reprenne conscience de ce qu'il est capable de réaliser, car il est un fait évident qu'en étant 62e joueur mondial, il n'est pas à sa place.»

«En période d'essai», ou «en examen», comme il le dit lui-même, jusqu'au terme de Roland-Garros, Philippe Dehaes n'en demeure pas moins optimiste. Avec le talent que Xavier Malisse parvient à dégager des cordes de sa raquette, il considère qu'il ne manque pas grand-chose pour le voir redécoller.

«Xavier a envie et se remet en question. C'est vrai qu'il dégage parfois une image négative sur un court, mais la perception que le monde extérieur a de lui est fausse. Il est très motivé et bosse plus que les gens ne l'imaginent. Il ne sera jamais quelqu'un qui travaillera sept heures par jour, mais il est capable de mettre beaucoup d'intensité dans ses séances. En outre, il est demandeur, ce qui se veut très rassurant. Il a juste besoin de victoires. La seule chose qui fait avancer un joueur de tennis est la victoire. Et peu importe si elle s'obtient contre Waske ou contre Federer. S'il réussit à gagner un ou deux matches la semaine prochaine à Saint-Polten, je suis certain que tous les espoirs seront à nouveau permis...»