Xavier peut aller se cacher

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ENVOYÉ SPÉCIAL EN AUSTRALIE SERGE FAYAT

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Xavier peut aller se cacher
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Malisse rêve de gagner un Grand Chelem mais il n'a pas passé le premier tour

MELBOURNE Il est resté de longues minutes, la tête enfouie sous son essuie, à méditer sa performance. Xavier Malisse (ATP 54) pouvait, en effet, se cacher de honte après la piètre prestation qu'il livra sur le court n°18 contre Karol Kucera (ATP 43). Le Courtraisien a, lui aussi, quitté Melbourne Park, dès le premier tour, après une défaite en trois sets secs, 6-2, 6-3 et 6-4, contre le clone de Miloslav Mecir dans un match qu'il n'a jamais donné l'impression de vouloir gagner.

«Je me sens très mal, confia-t-il après sa cuisante défaite. Rien n'allait aujourd'hui, et cela m'a particulièrement frustré. J'ai travaillé ces deux derniers mois pour tout faire comme il faut et je ne sens pas une balle lorsque j'arrive sur le terrain. Je n'ai pas d'explication. Mon coup droit était plus mauvais que celui d'un junior. En plus, j'avais mal à la tête et l'impression de n'avoir aucune énergie. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une gastro- entérite comme Greg Rusedski. Simplement, cela n'allait pas. J'espère que ce n'est qu'un jour sans...»

Jour sans ou pas, Xavier Malisse n'a, cependant, pas fait grand-chose pour tenter d'inverser le cours des événements. Nonchalant, lymphatique, vite désabusé, l'ancien demi-finaliste de Wimbledon fut une véritable plaie à regarder, mardi, dans l'enceinte de Melbourne Park.

Se plaignant régulièrement des juges de ligne, il s'est, en fait, comporté comme un enfant gâté face à un joueur à l'automne de sa carrière mais dont la classe dégouline de sa casquette. Lui qui avait pourtant montré des signes de progrès lors du dernier US Open est retombé dans ses travers, laissant supposer qu'il ne tirera jamais quoi que ce soit de convenable de sa carrière et demeurera un perpétuel talent gâché.

«Je ne viens pas pour perdre»

«J'ai toujours eu cette attitude nonchalante. Je ne suis pas Lleyton Hewitt. Chaque individu est différent. Je n'ai, en tout cas, pas balancé mon match. Je ne monte pas sur un terrain de tennis pour perdre. Je n'entame pas un tournoi pour me satisfaire d'une défaite au deuxième tour. J'étais simplement irrité par le fait que rien ne réussissait. Et si j'ai peut- être craqué quelque peu mentalement, c'est parce que je me demandais pourquoi j'avais fait tous ces efforts si c'était pour que cela se passe comme ça.»

Xavier Malisse, pourtant, était, paraît-il, plein de bonnes résolutions pour l'année nouvelle. Dans une interview accordée récemment au magazine flamand grand public P Magazine, le Courtraisien avait notamment dévoilé qu'il rêvait de gagner un jour une levée du Grand Chelem. S'il faut toujours se garder de juger sur un match, force est néanmoins de constater qu'il en figure pour l'instant, sans jeu de mots, aux antipodes.

«Je le concède volontiers, reconnut-il. Je ne mérite pas mon prize money aujourd'hui. Si je joue comme cela, il est clair que je ne gagnerai pas un match cette année, mais ce n'est pas pour cela qu'il faut tout remettre en question. Je sais que si je retrouve mon niveau, je suis en mesure de battre tout le monde. Si je réussis à atteindre les demi-finales à Wimbledon sans une grande condition physique, je peux aller plus loin maintenant que j'ai bien travaillé ce domaine. Mon objectif pour cette année est dès lors de gagner mon premier tournoi. Le classement suivra bien...»

A condition de jouer autrement...

Olivier Rochus craint pour sa saison

Il n'y a pas eu de miracle contre Novak

MELBOURNE Trois petits sets, et puis s'en va... Comme pressenti, l'Australian Open version 2004 se sera résumé à sa plus simple expression pour Olivier Rochus (ATP 49). Sur le court n°7, en premier match de la journée de mardi, le premier joueur belge a subi la loi du robuste Tchèque Jiri Novak (ATP 14), qui l'avait déjà battu l'an dernier au stade du deuxième tour. Dans un méchant vent, il s'est incliné en trois sets, 6-3, 6-3 et 7-5, non sans avoir gâché l'avantage d'un break et de deux balles de set à 5-4 dans la troisième manche.

«Je savais que cela allait être difficile, concéda-t-il. En outre, dès qu'il s'est mis à me faire gauche-droite, j'ai commencé à ressentir des brûlures aux jambes. On ne sait jamais ce qui aurait pu se produire si j'avais remporté ce troisième set. Il a d'ailleurs connu un petit brin de réussite sur la première balle qu'il a sauvée d'un revers en demi-volée le long de la ligne. Je ne suis pas certain que j'aurais gagné le match, car il aurait sans doute fallu que je sois à 100%, mais entre- temps, il aurait été obligé de batailler un set supplémentaire.»

Olivier Rochus n'est pas spécialement déçu. En fait, il ne se faisait pas beaucoup d'illusions pour cet Australian Open. Tracassé par une périostite aux deux jambes qu'il traîne depuis la fin de la saison dernière, le petit Auvelaisien avait vu sa préparation fameusement perturbée, étant même contraint à s'entraîner sur terre battue en Belgique pour éviter une trop importante sollicitation.

«Je souffre de ce genre d'affection depuis plusieurs années, révéla-t-il. Simplement, si par le passé les douleurs disparaissaient après trois ou quatre jours en me soignant avec de la glace, des massages et des anti-inflammatoires, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Et j'avoue que cela commence à m'inquiéter. J'ai hésité à venir, mais comme les médecins m'avaient assuré que je ne risquais pas d'aggraver la situation, j'ai pris le risque. Ce n'est cependant pas une excuse pour ma défaite. Jiri Novak joue très bien dans le vent. Et puis, surtout, il n'est pas 14e mondial pour rien...»

«J'ai peur de perdre des mois»

Olivier Rochus s'alignera peut- être encore en double avec Xavier Malisse, histoire de rentabiliser son déplacement, mais dès son retour en Belgique, sans doute ce week- end, il ira consulter un spécialiste. C'est que le plus petit joueur du circuit craint que cette périostite apparemment chronique ne lui gâche une bonne partie de sa saison et lui fasse perdre les dividendes de sa remarquable année 2003, marquée du sceau d'une entrée dans le Top50 mondial grâce notamment à une place de finaliste à Copenhague et une autre de huitième de finaliste à Wimbledon.

«Il doit y avoir un problème quelque part. J'ai pas mal de points à défendre les prochaines semaines et je ne sais pas combien de temps je risque de devoir m'arrêter. J'avoue que cela me fait un petit peu peur. Si cela tombe, je ne pourrai rejouer que dans deux ou trois mois et une bonne partie de la saison se sera déjà écoulée. Lorsque l'on vise un bon classement, ce n'est pas spécialement l'idéal...»




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