Auparavant, c'était assez simple : le pétrole était extrait du sol et raffiné, ce qui permettait de chauffer nos bâtiments avec du mazout. Le mazout a évolué au fil du temps. Son taux de soufre, par exemple, a fortement diminué. Sur le plan climatique, toutefois, il en faut davantage.

Informazout a mis sur pied un plan d’action pour parvenir à un chauffage durable, tout en préservant les chaudières à haut rendement existantes. Tout d’abord, il est essentiel de se concentrer sur l'efficacité énergétique. Dans une seconde phase, combinez un combustible liquide avec une énergie renouvelable. Pensez à la combinaison du mazout et d'énergie renouvelable générée par des panneaux solaires thermiques ou extraite de l'air, du sol ou de l'eau par une pompe à chaleur. De cette manière, vous réalisez déjà des économies d'énergie considérables et émettez donc moins de CO2 sur une base annuelle. Si l'énergie renouvelable disponible est insuffisante, la chaudière au mazout intervient alors pour assurer le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Ce que peu de gens savent, c'est qu'une chaudière au mazout standard peut déjà fonctionner avec un pourcentage de biocombustible, comme le prouve le test de Boom. La troisième étape, enfin, vers un chauffage neutre en carbone consiste à faire fonctionner les chaudières au mazout existantes uniquement avec un combustible durable. Et c’est déjà techniquement possible.

Le test réalisé à Boom

Lorsque vous entrez dans le show-room de l'installateur de chauffage Forceville, à Boom, il y fait confortablement chaud. En soit, cela n’a rien de particulier, si ce n'est le fait que la chaudière à condensation Weishaupt qui fournit cette chaleur fonctionne, depuis décembre 2019, avec un mélange de 20% de biocombustible EMAG et 80% de mazout ordinaire. Immédiatement bon pour une réduction de 14 % des émissions de CO2. Et tout cela dans une chaudière au mazout standard. Le gérant Geert De Decker s’en réjouit : « c'est formidable que nous puissions utiliser le produit sans aucune modification de notre installation existante. Les mesures des gaz de combustion et l'inspection du brûleur montrent que l’EMAG fonctionne aussi bien que les combustibles classiques ».

Qu'est-ce que l’EMAG ?

EMAG est l’acronyme de l’expression Ester Méthylique d’Acides Gras. Mais, vous n’en savez toujours pas plus, à moins d'avoir étudié la chimie. Pour tous les non-chimistes: l’EMAG est fabriqué à base d'huiles animales et végétales recyclées (acide gras). De l'éthanol (c'est-à-dire de l'alcool) est ajouté au moût sirupeux pour qu’il puisse être utilisable comme du diesel ou du mazout. Le résultat obtenu est un carburant qui peut être mélangé indéfiniment avec du diesel ou du mazout, car il a exactement les mêmes propriétés que les combustibles fossiles. Avec une différence cruciale : selon la matière première à partir de laquelle l’EMAG est fabriqué, ce biocarburant émet 60 à 95 % de CO2 en moins.

Il y a de fortes chances que votre voiture diesel fonctionne déjà en partie avec de l’EMAG, car le carburant est déjà entièrement mélangé dans le secteur du transport routier. Des essais sont également en cours dans toute l'Europe pour ajouter de l’EMAG au mazout. Il est même possible de remplacer complètement le mazout par de l’EMAG.

Y en a-t-il assez pour tout le monde ?

Tout comme le HVO l’EMAG est déjà produit en grandes quantités. Pas tant pour une utilisation comme mazout, mais principalement comme biodiesel pour le secteur des transports. L'un des principaux producteurs d’EMAG est la société Cargill, qui a également fourni le combustible pour le test de Boom. Cargill produit 750. 000 tonnes d’EMAG par an à Gand et à Francfort. Cela permet de remplir beaucoup de chaudières au mazout, si l’on considère qu'une famille moyenne utilise 2.000 à 3.000 litres de mazout par an (une tonne de mazout équivaut à peu près à 6.000 litres).

Pourquoi est-ce si important ?

Les combustibles fossiles impactent le changement climatique. C'est pourquoi l'Europe a été le premier continent à se fixer l'ambition de devenir neutre en carbone d'ici 2050, y compris dans le domaine du chauffage.

Mais l'élimination progressive des combustibles fossiles ne signifie pas pour autant la suppression des chaudières au mazout. Ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain. Les chaudières au mazout à condensation récentes ont un rendement énergétique de 90 % ou plus. Cela signifie qu'elles convertissent presque tout le combustible en chaleur. Ces chaudières sont parfaitement adaptées pour fonctionner avec les combustibles d’avenir pauvres voire neutres en carbone. Il est important de donner aux consommateurs la possibilité de passer au chauffage durable sans avoir à investir dans une nouvelle installation.

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