Denis Ducarme se confie : "Les soins de confort gratuits pour les migrants, c'est fini"
- Publié le 20-01-2018 à 08h33
- Mis à jour le 20-01-2018 à 08h35

Denis Ducarme nous présente sa réforme de l'aide médicale urgente aux sans papiers La semaine à venir s'annonce particulièrement chargée pour le ministre Denis Ducarme qui, outre plusieurs réformes en faveur des indépendants, introduira également un projet de réforme de l'aide médicale urgente octroyée aux illégaux. Elle devra bientôt être justifiée par des soins nécessaires.
Terminés donc les soins de confort offerts aux sans-papiers, nous annonce le ministre en charge de l'Intégration sociale.
"Le Belge a voulu qu'on tourne une page de politique d'immigration qui était trop ouverte par le passé. Aujourd'hui, on a une politique qui est stricte mais qui est humaine. Les illégaux, s'ils sont malades, on doit les soigner et on le fait avec ce qu'on appelle l'aide médicale urgente, avec l'aide des CPAS. Et dans ce cadre-là, dans notre pays, même si vous êtes illégal et que vous tombez malade; vous êtes soigné. C'est un devoir moral de procéder de la sorte et on va continuer", précise Denis Ducarme. Mais, ajoute-t-il aussitôt, "les abus, ce sera fini".
"Nous devons stopper les abus. Et il y en a, dont un certain nombre qu'on ne voit pas. Nous allons donc mettre en place un système qui reposera sur le travail d'un médecin contrôle qui va veiller à prendre contact avec le prestataire de soins, l'hôpital ou le médecin généraliste qui aura réalisé des soins sur une personne en situation illégale, afin de vérifier si on se trouve toujours dans le champ de l'aide médicale urgente. Il vérifiera donc si ces soins de santé effectués sont nécessaires, incontournables, essentiels".
Des échantillons de dossiers seront ainsi relevés par ce médecin contrôle. Les soins de confort comme la chirurgie esthétique ou les échographies de grossesse non nécessaires, ne seront plus remboursés.
"Un autre exemple est celui de la circoncision. Exceptés les cas médicaux justifiés, tout ce qui n'est pas à caractère médical n'aura plus à être financé par l'aide médicale urgente. Soyons très clairs, dans la majorité des cas ça se passe bien mais on doit veiller parce que c'est de l'argent public à ce que cet argent soit bien utilisé et comme on a constaté un certain nombre d'abus, on prend des dispositions", s'exclame le ministre, ajoutant qu'un illégal atteint d'un cancer sera toujours soigné.
Cette réforme prévoit également un allégement des tâches administratives des CPAS qui ne devront plus réaliser d'enquêtes sociales pour les prolongations d'hospitalisation.
Enfin, à propos d'immigration, Denis Ducarme l'assure, malgré la polémique sur les renvois vers le Soudan, le gouvernement "tiendra le cap".