Emeutes à Bruxelles: Une vingtaine de casseurs venait de Flandre

Quatre personnes ont été mises à disposition du parquet hier, après les scènes de violences, samedi, en centre-ville. Leur profil interpelle.

Ju. B. et M. L.
Bruxelles police Nouveaux débordements au cœur de Bruxelles: des magasins saccagés, une vingtaine d'interpellations
Bruxelles police Nouveaux débordements au cœur de Bruxelles: des magasins saccagés, une vingtaine d'interpellations ©Bauweraerts Didier

Quatre personnes ont été mises à disposition du parquet hier, après les scènes de violences, samedi, en centre-ville. Leur profil interpelle. La question que tout le monde se pose depuis samedi est la suivante : les responsables des dégradations et violences de la place Louise et de l'avenue de la Toison d'Or ont-ils un lien avec ceux des émeutes des deux dernières semaines ? La réponse n'était pas claire, hier soir.

Selon une source judiciaire, l'un des trois mineurs d'âge mis à disposition du parquet, hier, pour des faits de dégradation et tentative de vol avec effraction, aurait été interpellé il y a dix jours, lors des incidents de la place de la Monnaie, impliquant la star du réseau social Snapchat Vargasss92. Cette information n'a pu être cependant confirmée ni par le parquet ni par la police. Au total, quatre personnes ont été déférées au parquet et douze autres seront convoquées ultérieurement pour audition.

Close : "La grande majorité a entre 15 et 18 ans"

Une chose est sûre : les casseurs du quartier Louise n'étaient pas des participants de la manifestation par qui tout a commencé. "Ils n'étaient pas venus manifester pour la cause mais en ont profité pour agir", assure la commissaire Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone. Des recherches sont en cours pour vérifier si les incidents des 11, 15 et 25 novembre ont un lien, comme l'a affirmé hier le ministre de l'Intérieur Jan Jambon. "Je pense qu'il y a un système derrière. Il devra être mis à nu et démantelé", a-t-il déclaré sur la VRT.

Parmi les casseurs interpellés samedi soir, une grosse vingtaine venait de différents quartiers de la capitale. Une petite vingtaine est arrivée de Flandre, répondant visiblement à l'appel fait via les réseaux sociaux et, d'après nos informations, seuls deux venaient de Wallonie. Le plus inquiétant semble l'âge moyen des vandales. "La très grande majorité a entre 15 et 18 ans", constate le bourgmestre de Bruxelles-Ville sur base des premiers éléments récoltés par la zone de police. Autre indication utile sur le profil de ces jeunes casseurs, surtout ceux interpellés à l'issue du match de football Côte d'Ivoire - Maroc et du rassemblement lancé par Vargasss92, place de la Monnaie : là encore, une très large majorité est déjà connue des autorités judiciaires. "Ils présentent tous, ou presque, un profil de multirécidiviste. Il faut en avoir conscience", poursuit Philippe Close. "Ce ne sont pas des jeunes qui s'ennuient le samedi et se disent : 'Tiens, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir casser aujourd'hui?'"

La manifestation avait été autorisée

Une source proche des trois enquêtes précise : "On veut vérifier si l'on voit les mêmes jeunes dans ces trois événements. On pense qu'ils se donnent rendez-vous via les médias sociaux. Mais il ne faut pas penser qu'il y a un Godfather qui organise son armée afin de tout casser. Hier, les personnes mises à disposition du parquet se sont greffées au cortège pour jouer à cache-cache avec la police."

Samedi, on a évité le pire, notamment parce que la police était au courant de la tenue de la manifestation contre l'esclavage en Libye, lancée à l'appel de Kémi Séba, activiste panafricain sulfureux. Celle-ci avait été dûment déclarée auprès du bourgmestre de Bruxelles et ses organisateurs avaient accepté de la mener sur la place Poelaert, au lieu de l'ambassade de Libye.

Depuis deux semaines que la capitale est émaillée de scènes de violences, les autorités ont pris les choses à bras-le-corps et la présence policière très importante - la zone de Bruxelles-Ixelles, mais aussi la zone Midi et la police fédérale - a permis d'éviter les débordements trop graves. "On a tendance à écrire que les dégâts ont été moins importants que les deux dernières fois. C'est vrai, mais les victimes restent des victimes et leur traumatisme n'est pas moindre. Il faut se mettre à leur place : des gens envahissent votre magasin en pleine période de fin d'année où le chiffre d'affaires est le plus important. Ils n'ont pas mérité cela", insiste Ilse Van de Keere.

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