Belgique

La Belgique est devenue une plaque tournante du trafic de la cocaïne en Europe, la drogue illicite excitante la plus en vogue. 

Ainsi, quelque 2,3 millions de jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans en consomment (soit 2 % de la population du continent dans cette tranche d’âge), ressort-il du Rapport européen sur les drogues 2018 que vient de publier l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Il y a une résurgence de la cocaïne sur un marché de la drogue très dynamique, pointe ce rapport.

Cette drogue est produite à partir des feuilles de coca principalement en Bolivie, en Colombie et au Pérou.

Dans les ports d’Anvers et de Zeebruges

En 2016, le nombre de saisies de coke a grimpé à 98 000 dans les pays de l’Union (contre 90 000 en 2015). Au total, on a mis la main sur 70,9 tonnes de poudre blanche, dont 30 tonnes en Belgique, ce qui représente 43 % de la quantité totale saisie au niveau européen !

Les routes du trafic semblent avoir changé, note l’Observatoire des drogues. La péninsule ibérique, qui était historiquement la porte d’entrée principale pour les bateaux qui transportent de la cocaïne à destination de l’Europe, a cédé un peu de terrain. Si le trafic via l’Espagne et le Portugal reste important dans les chiffres de 2016, de fortes saisies ont été opérées dans les ports à conteneurs du nord de l’Europe, dont Anvers et Zeebruges.

Plus pure et très disponible

Les résultats d’une récente étude sur les traces de drogues dans les eaux usées des villes européennes pointent aussi la Belgique. Ces prélèvements, effectués entre 2015 et 2017, montrent une augmentation des résidus de cocaïne dans 26 des 31 villes qui ont fait l’objet de l’étude. Les plus hautes traces ont été relevées dans les villes belges, néerlandaises, espagnoles et britanniques. A l’inverse, les taux rapportés étaient plus bas dans les villes de l’est de l’Union

Plus disponible et plus puissante

La “disponibilité” et la “pureté” de la cocaïne se sont accrues en Europe, où la production de drogues s’est intensifiée de manière générale, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. “Les substances détectées sont de plus en plus puissantes, donc plus dangereuses”, a souligné jeudi le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos,

Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe, avec 17,2 millions de consommateurs âgés de 15 à 34 ans, la cocaïne est en pleine résurgence. En 2016, 30 300 consommateurs ont été admis en traitement pour la première fois, soit une hausse de près de 20 % par rapport à 2014.

Malgré un prix stable  (de 60 à 70 euros le gramme ), la pureté du produit – une pureté qui tourne autour de 60 % en moyenne – disponible dans les rues a grimpé, arrivant à un niveau record sur la dernière décennie, insiste le directeur de l’Observatoire, Alexis Goosdeel.

Les impacts en termes de santé publique sont selon lui aujourd’hui difficiles à évaluer.

An.H.

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