Libris, c'est définitivement fini !

Libris vend ses dernières librairies à Namur, Liège et Louvain-la-Neuve. La fin d'une belle histoire de 40 ans.

Gilbert Dupont
Libris, c'est définitivement fini !

Libris vend ses dernières librairies à Namur, Liège et Louvain-la-Neuve. Après Libris-Fort Jaco à Uccle fermée en 2013 et Libris-Espace Louise dont nous avons annoncé en juin qu'elle fermera le 31 août 2015, Libris Agora vend ses trois dernières librairies à Liège, Namur et Ottignies-LLN. L'enseigne était apparue en 1973 en Belgique. C'est la fin d'une belle histoire de 40 ans : après Bruxelles, Libris s'éteint sur la Wallonie.

Et c'est l'inquiétude parmi le personnel même si Nicolas Lebeau, son directeur général, affirme que la solution retenue de mettre les trois fonds de commerce en vente avec le personnel évitera la casse sociale.

Inquiétude et grosse grogne car si Libris ferme, les employés des librairies apprennent que le groupe décide par contre d'ouvrir un nouveau Belgique Loisirs rue de Namur à Bruxelles. "Libris n'a pas d'argent pour nous conserver mais le groupe en a pour investir dans son autre activité."

Réponse hier du directeur général de Libris Agora : "La décision de l'actionnariat est de recentrer nos activités dès lors qu'il n'était plus possible de tout mener de front. Il faut savoir que deux grands groupes de librairies ont fait faillite l'an passé en France et qu'à Bruxelles, Libris Louise a accusé trois années consécutives 250.000 € de pertes financières par an. C'est vrai, nous sommes les premiers à fermer en Belgique. Mais d'autres que nous sont menacés par la crise du livre. À titre personnel, la fin de Libris m'effondre. Mais c'est le prix à payer pour sauver notre autre activité et sauver l'ensemble du groupe qui, Belgique Loisirs, le Grand Livre du Mois, Meslivresnumériques et la branche logistique compris, représente 450.000 clients/an et 296 emplois."

Selon Nicolas Lebeau, la situation des Libris Namur, Libris Liège et Libris Ottignies-LLN est financièrement et commercialement très nettement moins sombre que celle de Libris Louise. "Ces commerces sont viables et des espoirs réels de rachat existent." Et donc de sauver le personnel. "Cela dit, que décideront les nouveaux propriétaires ? De travailler sous la même enseigne et avec qui ? C'est eux qui auront les cartes en main."

Directeur général beaucoup plus pessimiste pour Libris Louise dont il qualifie les chances de survie de "hélas, très très faibles", cette librairie paraissant très handicapée par sa localisation "dans une galerie commerçante insuffisamment fréquentée".

Et pourtant les 14 employés de Libris Louise veulent y croire, et leur combat est de tout instant. Une pétition (à signer sur pétition.be) attend un maximum de soutiens.

L'équipe cherchant à sauver le magasin via une solution de type coopérative, toutes les suggestions et initiatives sont bienvenues.

Elle a jusqu'au 31 août 2015.

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