Belgique

Cinq personnes ont été interpellées lundi matin à l'occasion de nouvelles opérations antiterroristes dans la région de Bruxelles et de Liège (sud-est de la Belgique), ce qui porte à 21 le nombre total d'arrestations depuis dimanche soir, a annoncé le parquet fédéral.

"Dans le cadre de l'opération menée hier (dimanche) soir, cinq perquisitions supplémentaires ont été effectuées ce matin en région bruxelloise et deux en région liégeoise. Cinq personnes ont été privées de liberté lors de ces perquisitions", a indiqué le parquet dans un communiqué.

On ne sait pas pour le moment si Salah Abdeslam fait partie de ces cinq personnes arrêtées. Une somme de € 26.000 a été également saisie lors d’une perquisition exécutée ce dimanche soir, précise le parquet.


19 perquisitions ce dimanche soir

"Dans le cadre de l'enquête judiciaire fédérale après les attentats de Paris, les unités belges anti-terroristes ont effectué 19 perquisitions", a expliqué le parquet fédéral dans sa conférence de presse. "Ces perquisitions ont eu lieu à Molenbeek, Jette, Forest, Schaerbeek, Woluwé-Saint-Lambert et Anderlecht. Elles se sont déroulées sans incidents." Le parquet précise toutefois qu'une collision frontale a eu lieu entre un véhicule et la police aux abords d'un snack à Molenbeek. Le conducteur a été blessé et arrêté. Reste à savoir si celui-ci a un lien avec le milieu du terrorisme.

"Aucune arme, ni explosif n'ont été trouvés", ajoute le parquet, qui reste discret sur les autres éléments, pour le bon déourlement de l'enquête.

"Le parquet tient à remercier les médias, la presse et les utilisateurs des réseaux sociaux pour avoir tenu compte des nécessités de l'action en cours. Merci d'avoir respecté les instructions." Une condition sine qua non pour le bien de ces perquisitions.


Rue du Midi, Bruxelles

Vers 19 h 30, nous apprenions qu’une opération de police était menée aux alentours de la Grand-Place. Un très large périmètre de sécurité a été mis en place tandis que la police conseillait aux riverains de ne pas rester face à leurs fenêtres et aux clients des hôtels de l’hyper-centre (Amigo, SAS Radisson) ne ne surtout pas sortir. D’après nos informations, Salah Abdeslam ne fait pas partie des six personnes arrêtées.


Molenbeek-Saint-Jean

Sur le territoire de Molenbeek-Saint-Jean, rue de la Carpe très exactement, les unités spéciales perquisitionnaient le domicile d’un oncle de la famille Abdeslam. Un certain Faklan, frère de la mère de Salah Abdeslam.

Des coups de feu ont été entendus à proximité de la station de métro Etangs noirs.

Un jeune homme de 20 ans qui a foncé volontairement vers un dispositif policier dans la rue Ransfort à Molenbeek-Saint-Jean a été blessé d'une balle par les forces de l'ordre. Arrêté, il n'a pas encore pu être entendu compte tenu de son état de santé, a indiqué lundi le parquet de Bruxelles.

Le suspect, originaire de Vilvorde, a été intercepté peu de temps après les faits à Bruxelles. Interpellé pour rébellion armée, il a été transporté à l'hôpital. Légèrement blessé au bras, il n'a pas encore pu être entendu.

Le parquet a requis un mandat d'amener afin que l'individu puisse être entendu dès que possible et déféré devant le juge d'instruction.


Liège et environs

C’est du côté de Liège que les unités spéciales et le peloton antibanditisme concentraient les efforts. D’après nos informations, le peloton antibanditisme avait repéré un individu suspect qui pourrait être Salah Abdeslam, chaussée de Tongres à Rocourt (Liège) vers 19 h 30. A bord d’une BMW de type 3 ou 5, cette personne a réussi à s’enfuir. Il serait monté sur l’E40 en direction de l’Allemagne. Dans la foulée, les unités spéciales tentaient de le coincer à Barchon. Sans succès. Cette piste liégeoise serait à lier à une autre perquistion menée du côté de Charleroi, dimanche soir toujours. Une centaine de policiers ont investi une habitation située rue Arthur Decoux, à Dampremy, vers 20 h 45. Au moins un homme a été intercepté lors de cette perquisition.

La totalité des forces de police du pays étaient toujours à la recherche de Salah Abeslam ainsi que d’une petite dizaine d’autres personnes en lien avec les attentats de Paris. D’après Me Carine Couquelet, avocate d’Hamza Attou, Abdeslam était “prêt à se faire sauter”.

L’homme était extrêmement nerveux dans la voiture, rapporte l’avocate de l’un des chauffeurs. Toujours d’après l’avocate, Salah Abdeslam ne disposait pas d’armes sur lui, mais aurait revêtu une ceinture d’explosifs. “D’après les dernières déclarations de mon client, Salah était extrêmement énervé et peut-être – sous toute réserve généralement quelconque – prêt à se faire sauter”, confiait-elle samedi. Et l’avocate d’ajouter que les trois passagers ont “très peu parlé” durant le trajet. “Mais mon client a eu fort peur. Il ne me parle pas d’armes mais d’une grosse veste, peut-être d’une ceinture d’explosifs ou quelque chose comme ça.” Ils ont pourtant été contrôlés trois fois sur le chemin retour. “Chaque fois avec un contrôle de papiers d’identité”, assure Carine Couquelet qui ajoute que, toujours selon son client, Salah Abdeslam apparaissait “très calme” lors de chaque contrôle. Salah a-t-il participé aux fusillades ? Était-il un support logistique ? Devait-il se faire sauter ? N’a-t-il pas eu le courage de le faire ? “On ne sait pas”, conclut l’avocate d’Hamza Attou.


Plusieurs riverains ont témoigné sur les réseaux sociaux au début de l'opération