Pourquoi le MR a si vite lâché Kubla
Il y a dans cette affaire un fait troublant : l'extrême rapidité avec laquelle le MR a lâché Serge Kubla. Le parti libéral n'a pas évoqué la présomption d'innocence pour des raisons de stratégie.
- Publié le 25-02-2015 à 20h24
- Mis à jour le 16-06-2015 à 16h08
Le parti libéral n'a pas évoqué la présomption d'innocence pour des raisons de stratégie. Il y a dans cette affaire un fait troublant : l'extrême rapidité avec laquelle le MR a lâché Serge Kubla.
Pour rappel, mardi, à 16 h 24, l'information est balancée pour la première fois sur Twitter : Kubla est sous mandat d'arrêt. Le web s'en empare, l'information buzze. Et, dès 17 h 49, le président du MR, Olivier Chastel, poste le message suivant sur son compte Twitter : "Je demande à Serge Kubla de remettre son mandat de bourgmestre à la disposition du MR pour assurer sereinement sa défense."
D'habitude, les partis sont plus prudents avec la présomption d'innocence de leurs propres élus mis en difficulté sur le plan judiciaire et médiatique… Alors, pourquoi une telle précipitation des libéraux ?
Pour Réputation 365, agence spécialisée dans la réputation des dirigeants, des cadres et des personnalités sur le web, c'est clair : le MR, confronté à une situation de crise, devait prendre la main, communiquer en premier avant que d'autres partis s'emparent de cette embarrassante histoire dans un sens défavorable.
En termes de stratégie médiatique, en effet, il ne faut pas être dans la simple réaction aux événements, mais bien être dans l'action.
Par conséquent , le MR devait donc absolument annoncer quelque chose : "La crise étant une perte de contrôle, le but de la gestion de celle-ci est de le reprendre : il faut contrôler le temps, note la société de communication. Heureusement pour le MR, Serge Kubla est un membre vieillissant du parti et son ancrage politique n'est que local. De fait, les discussions sur la stratégie à apporter n'ont pas dû être très longues : il fallait faire sauter l'électron libre afin de ne pas gangrener le parti. Ce n'est donc pas un hasard s'il n'y avait aucune mention de la présomption d'innocence dans le communiqué du MR vu que le message était clair : il fallait qu'il parte."
Tout s'est passé très vite et pour que l'effet soit rapide, Olivier Chastel a directement communiqué sur Twitter. Une fois le communiqué du MR transmis, il était devenu presque impossible que les autres partis s'en prennent au parti libéral, relève encore l'agence. "Le principal adversaire du MR, le PS, n'aurait aucun avantage à s'en prendre à celui-ci, car ils sont déjà attaqués pour mener une opposition bien trop dure. De plus, critiquer le MR, c'est prendre le risque que les médias mentionnent les précédentes affaires. Et le parti qui a le plus de casseroles en la matière, c'est le Parti socialiste."
Donc, le MR aurait surtout voulu gagner du temps pour s'organiser après le choc de l'annonce concernant l'arrestation du vieux crocodile de Waterloo : "En étant plus ou moins certain que les autres politiques n'allaient pas transformer l'affaire Kubla en affaire libérale, le MR disposait désormais du temps nécessaire pour établir une stratégie. Le temps était désormais acquis, tout comme le cadrage médiatique : Serge Kubla est bien le seul coupable."
Tiens, et dans le cas d'Armand De Decker ? À seulement un jour d'intervalle, le MR a adopté une tout autre attitude en termes de com'. Pourquoi ? "Pour le cas d'Armand De Decker, le traitement du parti est complètement différent dans la mesure où l'information n'a pas transité par l'organe de communication du Mouvement réformateur […], relève Réputation 365. C'est en effet Armand De Decker qui a pu réagir médiatiquement en premier et limiter la casse. L'intérêt du MR était donc dans ce cas-ci de ne pas communiquer.