Belgique

En cas d'incident nucléaire, un nuage radioactif peut se former dans l’air et, avec le vent, s’étaler sur une zone plus ou moins étendue. Quels sont les risques des substances radioactives sur la sécurité alimentaire ? Quels sont les bons réflexes que doit avoir le citoyen ? Explications avec Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca).

Quels sont les risques des substances radioactives sur la sécurité alimentaire ?

L’organisme de l’homme est quotidiennement exposé à une dose de radioactivité naturelle, qui est extrêmement faible. Cela ne fait évidemment pas de nous des mutants radioactifs. Lorsque l’être humain ingère des denrées contaminées, les substances radioactives se désintègrent dans le corps et produisent des radiations qui ont une action sur les cellules du corps. Sur le long terme, cette contamination peut mener à des cancers par mutation.

En cas d’incident, comment agit l’Afsca ?

Les conséquences sont différentes d’un cas à un autre. Que ce soit à court ou à long terme, nous, faisons un état des lieux de la situation, nous évaluons s’il y a eu contamination et, si c’est le cas, nous délimitons des zones de contamination. Des équipes prédéfinies étudient l’impact sur le sol, sur les cultures et les denrées alimentaires et détruisent tout ce qui est impropre à la consommation alimentaire. Selon le type d’incident et l’impact sur l’environnement, le retour à la normale peut prendre plusieurs années. C’est un véritable travail de longue haleine.

Quelles autres mesures met en place l’Afsca afin d’empêcher ou de limiter les dégâts sur la chaîne alimentaire ?

Suite aux catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima, nous avons renforcé les contrôles. L’Afsca contrôle aussi bien les denrées alimentaires importées que les denrées issues du marché belge. Durant les années 2014, 2015 et 2016, nous avons prélevé 600 échantillons et 100% de ces échantillons étaient conformes.

De quelle manière allez-vous éliminer des denrées contaminées ?

On pourrait imaginer créer du biocarburant à partir des végétaux contaminés. Le souci est de ne pas détruire pour rien et que ça ne soit pas nocif. Nous sommes ici face à des hypothèses car cette pratique n’a jamais été utilisée.

Comment évaluez-vous le degré de contamination des aliments ?

Les échantillons prélevés sont soumis à des tests de laboratoire conformes à la législation en vigueur. Ces tests sont établis sur base des analyses de risque définies par des experts afin de garantir la sécurité de l’individu.

Que conseillez-vous aux agriculteurs en cas d’accident nucléaire ?

On conseille aux agriculteurs de rentrer leur bête au moment de l’incident et de les rassembler dans un endroit où elles ne pourraient pas manger de matières contaminées. Il faut évidemment prendre en compte la localisation de la ferme et voir si le nuage risque de passer par là.

Quels sont les bons réflexes que doit avoir le citoyen par rapport à son propre potager et ses poules, par exemple ?

Cela dépend de l’endroit où vous habitez. Si vous êtes dans une zone contaminée, ne touchez plus à vos légumes. Si vous vous trouvez dans une zone non contaminée mais qu’un accident a lieu, n’hésitez pas à couvrir votre potager et les poules pour éviter qu’il y ait un quelconque dépôt poussé par les vents.

Est-ce que ces substances radioactives finissent par disparaître ou par accroître, en contaminant d’autres maillons de la chaîne alimentaire ?

Du bétail qui n’est pas contaminé ingère du fourrage qui, lui, est contaminé. En tant qu’agence, le premier réflexe que nous aurons sera de délimiter tous les produits contaminés et de les retirer de la chaine alimentaire. De cette manière, une vache laitière ne pourra donner du lait contaminé.

En cas de contamination d'un citoyen, certains aliments sont-ils conseillés ou au contraire proscrits ?

Non, pas spécifiquement. Evidemment, toutes les denrées alimentaires qui ont été contaminées devront être retirées du marché.


Cet article s'inscrit dans la campagne de communication lancée par le Centre de crise. Cette campagne vise à informer la population sur les risques en cas d'accident nucléaire, afin de pouvoir s'y préparer et savoir comment réagir.

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