Faits divers Il est devenu le promoteur d’une pseudo crypto-monnaie qui lui a rapporté gros, mais pourrait bien l’envoyer derrière les barreaux.

Une nouvelle plainte pénale des plus accablantes vient tout juste d’être déposée ce vendredi au parquet de Bruxelles contre l’ex-député le plus décrié du pays, Laurent Louis, pour "vente pyramidale, escroquerie, violation de la loi dite loi bancaire et blanchiment d’argent"; probablement la première d’une longue série !

Il faut dire que celui qui est aujourd’hui allocataire social et touche officiellement "1.750 euros par mois" depuis qu’il a perdu ses plantureuses indemnités parlementaires de quasiment "7.000 euros net par mois" est devenu l’un des promoteurs en chef pour la Belgique d’une gigantesque arnaque internationale de type pyramidal.

Il est ainsi accusé d’avoir généré "un chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros" pour une société qui vend de la soi-disant crypto-monnaie - dénommée OneCoin - et d’avoir grâce à cela empoché, en l’espace de 8 mois seulement, de "100.000 à 200.000 euros de commission", soit 10 % du produit de ses ventes.

Pour ce faire, Laurent Louis n’aurait eu qu’à recycler son électorat afin de créer son propre réseau au sein de ce qui se présente à coup sûr comme une ingénieuse chaîne de Ponzi. Ils seraient déjà "plus de 2.000 à 3.000 Belges" à lui avoir fait confiance, lui remettant dans certains cas toutes leurs économies…

Et pour cause : l’intéressé leur a fait miroiter qu’en investissant dans son business, ils pouvaient à leur tour "participer à la révolution financière" et "s’émanciper personnellement", "devenir leur propre patron", "sortir du système", "gagner au moins dix fois leur mise de départ", le tout "sans payer de taxes à l’État" .


Jusqu’ici, seule l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) y avait trouvé quelque chose à redire chez nous : "Les allégations (de) monsieur Laurent Louis […] selon lesquelles ‘ la FSMA aurait indiqué qu’elle n’avait rien trouvé à redire sur le OneCoin ’ et que pour la FSMA , le OneCoin ne pose aucun problèm e et n’est nullement illégal ni une arnaque ’ sont […] fausses et trompeuses", indiquait notamment la FSMA dans une "mise en garde" datant du mois de juillet dernier.

Avec cette plainte déposée pour le compte d’un premier plaignant, les avocats Mes Guibert Debray, Olivier Dupont et André-Philippe Vandesmal espèrent donc que nos autorités judiciaires se saisiront enfin de la question belge du OneCoin - comprenez de Laurent Louis et de ses sept associés sur lesquels ils ont également pu fournir une quantité impressionnante d’informations - "parce qu’il est vraiment plus qu’urgent de mettre un terme à cette arnaque virtuelle au vu de l’ampleur réelle qu’elle a pu prendre en Belgique ces derniers mois".

Reste à voir si Laurent Louis, qui est déjà bien connu de la justice et organise précisément ce samedi en compagnie de certains de ses associés une séance d’information sur son produit phare - dont le lieu était encore tenu secret à l’heure d’écrire ces lignes - se fera à nouveau interpeller et perquisitionner "dans l’urgence", comme Mes Debray, Dupont et Vandesmal, le demandent, sous peine de voir s’envoler des preuves capitales de sa présumée délinquance financière.

Le OneCoin : une escroquerie à la Ponzi


Cette pseudo crypto-monnaie ne verra jamais le jour, comme l’expliquent Mes Debray, Dupont et Vandesmal…

"Le OneCoin, c’est une gigantesque escroquerie internationale du type Ponzi. Les gains proviennent exclusivement du recrutement de nouveaux membres qui achètent en réalité uniquement des packs de formation aux techniques de vente pyramidale et non pas de la crypto-monnaie du futur" , expliquent les avocats M es Guibert Debray, Olivier Dupont et André-Philippe Vandesmal, qui ont déposé plainte au pénal pour le compte d’une première victime en Belgique.

"Les promoteurs du Onecoin vendent quelque chose qui n’a aucune existence et qui n’est certainement pas le nouveau BitCoin comme ils le prétendent. Ils se cachent derrière ces packs de formation dignes de l’école primaire qui ne généreront jamais la moindre valeur financière", poursuivent les avocats.

"Notre client a par exemple pu acheter 3 packs à 1.500 euros. Puis, il a recruté des membres de sa famille en leur vantant le miracle Onecoin, c’est-à-dire qu’ils allaient remporter plus de 10 fois leur mise. Son compteur de commissions s’est arrêté à plus ou moins 9.000 euros pour 50.000 euros récoltés, mais il n’a touché que 6.000 euros et a finalement compris qu’il venait d’arnaquer sa famille pour y arriver".

"Les transactions se sont faites de la main à la main. C’était Laurent Louis qui se chargeait par la suite de l’encodage des mouvements de fonds online et lui remettait ses commissions en liquide soit au McDonald’s de Waterloo, soit dans une station essence le long de l’autoroute".

Et pour cause : "M. Louis lui a vanté les mérites du paiement en liquide parce que les banques étaient incertaines et faisaient partie du système qui les opprime. Il faut savoir que les fonds remontent ensuite jusqu’à la tête du réseau en Grèce, toujours de la main à la main, vu que toutes les banques du monde ont à présent fermé les comptes des diverses sociétés OneCoin et que la pyramide lancée en 2014 commence déjà à montrer ses premiers signes d’effondrement".

Découvrez l'interview hallucinante de Laurent Louis