Le libraire schaerbeekois de l'Euromillions: "Je suis harcelé jour et nuit. Cela va trop loin!"
Le gérant du lieu où le jackpot a été remporté n'en peut plus. Entre les coups de fil la nuit et ceux qui pensent qu'il est le gagnant, il est totalement excédé.
- Publié le 16-10-2016 à 10h26
- Mis à jour le 16-10-2016 à 10h48

Le gérant du lieu où le jackpot a été remporté n'en peut plus. Entre les coups de fil la nuit et ceux qui pensent qu'il est le gagnant, il est totalement excédé. Serkan ne rigole plus. Devenir le plus célèbre libraire du pays grâce au grand gagnant de l'Euromillions qui a joué chez lui mardi dernier, il trouvait cela amusant au début.
Mais désormais, la situation est telle, qu'il en a perdu le sourire. Les appels, les mails, les courriers, Serkan ne les compte plus. D'ailleurs, il ne décroche même plus son téléphone. Et pour cause, il est désormais carrément réveillé en pleine nuit. "Par des gens qui me demandent de faire passer un message au gagnant pour qu'il les aide", précise le libraire.
Mais pas seulement. "Tôt ce samedi matin, un groupe de jeunes est venu de Namur pour me trouver. Ils étaient persuadés que j'étais le gagnant. Ils ont vu ma photo dans les médias et ont cru que c'était moi", s'exclame Serkan, pour qui la situation dégénère.
"J'ai un bébé, une famille, je ne veux plus être autant harcelé. Cela devient insupportable. Je compte demander à la Loterie de communiquer pour que les gens comprennent que de un, je ne suis pas le gagnant et que de deux, je ne suis pas en contact avec lui. Qu'on arrête de me demander de lui passer des messages", poursuit le libraire, pointant du doigt une pile de courriers sur son comptoir.
Des lettres adressées au gagnant mais également des cartes de visite !
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le libraire nous apprend que même des banquiers débarquent chez lui dans le but de s'adresser au nouveau multimillionnaire ! "Je ne vous citerai pas le nom de l'institution mais je peux vous dire qu'un représentant d'une banque bien connue est venu me déposer sa carte en me demandant de l'adresser au gagnant afin qu'il puisse le contacter pour des placements. Un courtier ne cesse de me téléphoner pour les mêmes raisons. Cela prend vraiment des proportions énormes."
Jusqu'ici, aucun de ces messages n'a été transmis au grand gagnant. Pour la simple raison que ce dernier n'est plus réapparu dans la librairie depuis mercredi, jour où il a découvert sur place, être l'heureux propriétaire de la combinaison gagnante lui offrant 168 millions d'euros. Cagnotte record jamais remportée auparavant en Belgique. "Ce jour-là, il est devenu gris. Il ne bougeait plus. Il ne parlait plus. Il est venu valider son ticket et sur l'écran, s'est affiché un 'félicitations'. On était vraiment heureux pour lui car c'est un homme qui le mérite. C'est vraiment un homme bien, qui travaillait dur pour élever ses enfants", précise un des clients habitués de la librairie située dans le quartier schaerbeekois de la place Dailly où tout le monde ou presque, se connaît.
Forcément, la nouvelle a vite fait le tour. Le gagnant, une fois son ticket validé dans la librairie, est rentré chez lui pour ne se rendre que le lendemain, jeudi, au siège de la Loterie nationale. Et depuis lors, plus personne ne l'a vu dans le quartier. Et c'est tant mieux d'ailleurs.
C'est aussi l'avis de plusieurs personnes qui le connaissaient depuis des années. Toutes parlent d'un homme bien. Un homme installé depuis de longues années en Belgique, qui a travaillé dur toute sa vie, comme balayeur de rue, pour subvenir aux besoins de sa famille. Ceux que nous avons rencontrés lui souhaitent d'avoir quitté le quartier au plus vite, dans l'intérêt de sa sécurité et de celle de ses proches.
Il n'est en effet jamais bon pour un grand gagnant de se faire connaître. La Loterie nationale conseille d'ailleurs généralement à ses clients chanceux de garder le secret le plus longtemps possible en évitant même d'en parler trop vite à des membres de la famille.
Devenir millionnaire, ce n'est pas seulement penser à comment on va dépenser son argent, mais aussi à comment on va se protéger…
