"Les frères Abdeslam vont commettre un attentat": Sorti du lit, le patron de l'antiterrorisme n'a rien fait

Un informateur avait pourtant communiqué des informations sur la volonté des frères Abdeslam de commettre un attentat.

L N (Avec Saul)
"Les frères Abdeslam vont commettre un attentat": Sorti du lit, le patron de l'antiterrorisme n'a rien fait
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Un informateur avait pourtant communiqué des informations sur la volonté des frères Abdeslam de commettre un attentat. Le Comité P a vérifié en interrogeant un agent, que les services de police avaient obtenu une donnée capitale d'un informateur dans le cadre de l'enquête sur les frères Abdeslam.

Selon les informations, il y avait au sein du département antiterroriste de la police fédérale, des informations sur la radicalisation des frères Abdeslam et sur le fait qu'ils voulaient commettre une attaque. Pire, selon, l'agent disposant de ses informations aurait sorti son patron hors du lit pour l'informer mais sans qu'aucune suite ne soit donnée.

En clair, le Comité P dispose de nouveaux éléments montrant que les membres de la lutte contre le terrorisme de la police fédérale ont été informés à Bruxelles en juillet 2014 sur les intentions terroristes d'Abaaoud Abdelhamid et des frères Abdeslam. Ces détails ont été obtenus via un appel fait dans la nuit du 10 au 11 juillet 2014 entre un membre féminin du département antiterrorisme et un de ses informateurs. Cet informateur - un voisin des Abdeslam - a indiqué que les frères Salah et Brahim étaient sur le point d'aller en Syrie. Cette policière, pourtant en congé de maladie lors de l'appel, a avisé sur le champ de nuit, ses supérieurs pour divulguer les informations.

Cette information démontre que seize mois avant les attentats de Paris qui ont coûté la vie à 129 personnes, le département antiterrorisme savait les risques. Autre fait intéressant, le Comité P a eu un courriel datant de peu après les attentats du 13 Novembre 2015. Il s'agit d'un mail de cette policière adressé à ses supérieurs demandant ce qui serait arrivé (ou non) si l'information avait été traitée à temps. Si une réponse a été renvoyée à l'expéditeur suite à ce mail, on ne le sait pas.

Sur la base de ce courriel, le Comité P a ouvert une enquête. L'officier qui a eu les renseignements de son informateur et les a remis à ses supérieurs, a été entendu hier. Sur la base de données obtenues, il est démontré que la nuit en question, il y a en effet eu les appels entre la policière et sa hiérarchie et que les sources qui témoignent croient également que la femme a fait tout son possible pour avertir ses patrons. Dans la cellule anti terrorisme, il n'est pas rare que des informations sur des personnes tombent de jour comme de nuit. Mais ce n'est pas pour autant que l'importance de celles-ci exige de sortir le patron hors de son lit… Cette nuit-là cependant., car les éléments avaient l'air si intéressant, le nécessaire a pourtant été réalisé.

Le procureur fédéral avait déjà, dans une déclaration officielle, fait savoir qu'il y avait effectivement eu des informations en juillet 2014, mais cette information ne contenait 'aucune référence à toute évaluation ou la planification d'une attaque'. Autre élément cité par le Parquet, "le nom d'Abdeslam n'a pas été mentionné". Il y avait seulement une mention vague et nullement le fait que les deux frères étaient en possible voie de radicalisation. Ce qui explique que l'information n'a pas été retenue par le procureur fédéral.

Si il y avait eu une réaction différente après cette révélation, est-ce que cela aurait pu empêcher les attentats ? Pas sûr.

En Juillet 2014, aucune adresse de cachettes n'était connue, aucunes ceintures d'explosifs n'existaient… Les frères Abdeslam étaient éventuellement déjà engagés à participer à quelque chose mais de là à connaître ce stade les détails d'un attentat à Paris…

Pour rappel, la police avait visité les frères Abdeslam, mi-février 2015, et aucune preuve d'activités terroristes n'avait été trouvée, les dossiers ayant d'ailleurs été classés sans suite.

Parquet: La réaction était appropriée

La réaction aux informations reçues par la police et la justice au sujet des frères Abdeslam en juillet 2014 était appropriée, a répété jeudi le parquet fédéral

Le parquet fédéral confirme l'appel de l'informateur et celui de l'agent à ses supérieurs. "Cet informateur a ensuite été contacté par les services qui traitent ces informations", selon le porte-parole du parquet. "Lors de cette conversation, il a été fait mention de 'Abdelhamid' et de 'deux frères'. Mais aucune préparation d'attentat n'a été évoquée."

Les enquêteurs ont alors fait le lien entre Abdelhamid Abaaoud et les frères Abdeslam, mais l'information reçue n'était pas assez concrète, déclare encore le parquet. "La réaction à cette information a donc été adéquate", conclut-il.

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