Faits divers

Ses avocats bruxellois Amrani et De Quévy démentent absolument la thèse terroriste. Il avait été acquitté pour possession de 9.500 pièces d’armes et d’une dizaine d’armes

Me Amrani et son confrère Didier De Quévy étaient les avocats à Bruxelles de Nordine Amrani. Selon eux, le tireur fou de Liège a vécu une jeunesse “difficile, douloureuse” , en Région bruxelloise, à Ixelles et Vilvorde notamment, “de famille d’accueil en famille d’accueil” .

Tenus par le secret professionnel, les avocats ne témoignent pas sur les faits qui furent reprochés à leur client en 2008.

“Ce n’était pas quelqu’un de mauvais. Au contraire, je dirais : charmant ”, se souvient Me Amrani (qui précise, pour l’anecdote, que l’homonymie est purement fortuite, NdlR).

“J’ai le souvenir d’un homme très marqué par la perte de ses parents. Très tôt orphelin de père et mère. Marqué par ce destin. Très attentif à son frère sur lequel il veillait. J’ajouterais : un garçon très intelligent, doué. Il avait terminé des études de soudeur ou mécanique, en lien avec le travail du métal en tout cas. Dans mon souvenir, Nordine parlait de son désir de fonder famille. Il devait se marier à Liège avec une infirmière, fille d’un notaire, avait-il dit.”

Les avocats démentent la piste terroriste : “Il ne se sentait pas du tout marocain. Un intégriste ? Il ne parlait pas un mot d’arabe et n’était pas musulman. Ce qu’il disait, c’est qu’il se sentait belge .”

Selon les avocats toujours, “il était fou d’armes, mais comme collectionneur. […] Nordine Amrani a grandi à Bruxelles dans des quartiers difficiles (on cite le Borgt, à Grimbergen). Il estimait n’avoir pas eu beaucoup de chance dans la vie. C’est cela, un écorché, et qui s’estimait injustement traité par la justice, trop lourdement. Assez exigeant aussi, et revendicatif .”

Les avocats bruxellois d’Amrani ont ce mot : “Le ras-le-bol d’un écorché vif : écorché par rapport à la justice, et par rapport à la société !”



Il devait être entendu pour des faits de mœurs

Nordine Amrani devait être entendu ce mardi par un enquêteur de la section mœurs.

Il devait répondre d’une scène qui se serait déroulée un soir de novembre dernier. “Il avait rendez-vous à 13 h 30 dans un commissariat situé rue Gretry à Liège”, indique Me Jean-François Dister, son avocat. “Il craignait d’être réincarcéré. Il m’a téléphoné deux fois lundi après midi et ce mardi matin.”

Le plus interpellant est que l’intéressé, en liberté conditionnelle, avait été acquitté en appel pour la détention de 9.500 pièces d’armes et une dizaine d’armes !

Les perquisitions lors desquelles les armes avaient été saisies avaient eu lieu à une période transitoire entre deux lois concernant la détention d’armes. “Après cet acquittement, nous avions un accord avec le parquet général pour que mon client récupère la valeur de ces armes mais pas les armes car on lui a retiré les autorisations suite à sa condamnation pour les plants de cannabis”, poursuit l’avocat.

“Il était convenu que les armes, qui se trouvent aux pièces à conviction, soient transférées chez un armurier. J’ai dicté une lettre de rappel en ce sens ce lundi.”

M e Dister pense que son client craignait principalement les suites de ce nouveau dossier de mœurs. “J’ai demandé à mon client s’il voulait que je l’accompagne, mais ce qui l’inquiétait surtout, c’est d’être à nouveau incarcéré. À la demande de mon client, j’ai téléphoné au substitut et à l’enquêteur en charge du dossier. Il semblait que ce nouveau dossier n’était pas d’une gravité extrême, mais M. Amrani pensait qu’on lui en voulait. Il m’a expliqué qu’il avait été entendu dans une enquête d’enlèvement. D’après mon client, c’était un coup monté et on voulait lui nuire. M. Amrani avait une dent contre la justice. Il pensait avoir été condamné à tort pour certains faits.”



© La Dernière Heure 2011