Andreï Chevtchenko

rejoint Blokhine et Belanov

PARIS «J'ai connu une belle année. Je me suis marié, j'ai eu un fils, nous avons remporté le championnat et, maintenant, je suis honoré, ce qui me rend très heureux.» Dimanche, après la nette victoire de son Milan AC sur la Fiorentina (6-0), avec deux buts en prime, Andreï Chevtchenko avait maladroitement ven- du la mèche. Hier soir, à Paris, l'attaquant ukrainien du champion d'Italie a reçu le tant convoité Ballon d'Or de nos confrères de France Football. Trophée récompensant le meilleur footballeur de l'année évoluant sur le Vieux Continent, selon le jury de spécialistes du très sérieux bihebdomadaire français. Au palmarès 2004, Chevtchenko devance le Portugais Deco et le Brésilien Ronaldhino, que d'aucuns estiment, sans doute à juste titre, comme le meilleur footballeur actuel en activité. Mais au contraire de ses deux devanciers, l'ancienne perle du PSG arbore un palmarès vierge en 2004: elle ne figurait pas dans la sélection brésilienne victorieuse de la Copa America en juillet. Gageons que Ronaldhino fera mieux en 2005, tant son Barça semble bien parti pour ne pas connaître une saison blanche. Et Ronaldhino de déjà s'ériger comme l'un des favoris du cinquantième Ballon d'Or, qui sera remis dans douze mois

À 28 ans, Andreï Chevtchenko, fan de Marco Van Basten, a, lui, gagné des prix cette année. Il a été couronné pour la deuxième fois meil- leur buteur dans la Serie A italienne, réputée comme le championnat le plus difficile du monde pour les attaquants, avec 24 buts. L'international ukrainien a également remporté le scudetto avec le Milan AC et placé son pays en tête de son groupe de qualification pour le Mondial 2006, en inscrivant quatre buts en cinq matches. Deux ombres sur son tableau: la déroute de son club milanais en quart de finale de la Ligue des Champions (battu 0-4 à La Corogne, après avoir remporté le match aller 4-1 à San Siro) et l'absence de l'Ukraine en phase finale de l' Euro 2004 Mais l'ancien buteur du Dynamo Kiev a aussi profité des victoires surprises de Porto en C 1 et de la Grèce à l' Euro. Deux sacres obtenus grâce au collectif, même si Deco et Zagorakis (5e) en ont bénéficié. Troisième Ukrainien, après les anciens Soviétiques Oleg Blokhine (son actuel sélectionneur national!), en 1975, et Igor Belanov, en 1986, Chevtchenko, 3e du classement en 1999 et en 2000, a connu hier l'un des plus intenses moments de sa carrière. Comme lorsqu'en mai 2003, il offrit la Ligue des Champions au Milan AC en marquant le tir au but décisif contre la Juventus à Manchester.

«Je suis heureux. C'est un prix très important, commenta hier soir l'Ukrainien. Je voudrais le dédier à mon peuple qui traverse une période difficile» Voilà l'Ukraine mise à l'honneur, à l'heure où l'empoisonnement de Viktor Iouchtchenko, le principal opposant au régime en place, mine le pays.

© Les Sports 2004