Le château de l'Escaille s'est transformé au fil des siècles pour devenir un lieu aujourd'hui discret

MANAGE Probablement construit entre le XIIe et le XIIIe siècle (on ne connaît pas la date exacte), le château de l'Escaille constitue une des fiertés de la commune de Fayt-lez-Manage. Comme nombre de châteaux du Hainaut, celui-ci figure également dans les fabuleux albums de Croÿ, où le domaine est décrit comme un ensemble de quatre bâtiments, cerné de douves, accessible par un pont-levis. Mais l'histoire du château dit de l'Escaille remonterait à 1344.

À cette époque, il appartient en effet à un dénommé Godefroid de l'Escaille. Les historiens sont cependant partagés quant à l'histoire de la seigneurie. Les uns précisent que le domaine tirerait son nom des ardoises qui recouvraient son toit, selon la terminologie escaille. À l'époque, l'ardoise sur les bâtisses était un matériau rare, contrairement aux toits de chaume, qui foisonnaient.

D'autres donnent à penser que le blason du seigneur comportait des écailles ou alors, dans un tout autre registre, des coquilles Saint-Jacques. Très simplement constitué d'un corps de logis, d'une tour et de fossés, le château de l'Escaille s'étoffera au fil des ans.

Il deviendra successivement la propriété, au XIVe siècle, de Jean le Cocq et Waudru le Dieu; puis de leur fils, puis de Philippe Hanot, petit-neveu des précédents, qui le passera à son fils. Ce dernier le vendra au capitaine La Ramonnerie.

Dans les mains d'un brasseur

Uni à la seigneurie de Fayt, le château de l'Escaille devient propriété d'Emmanuel de Gongnies, prévôt de Binche. La lignée des Gongnies s'éteindra à la fin du XVIIIe siècle. Comme ses voisins, le château de l'Escaille n'échappa pas aux conflits.

"Et notamment à la bataille de Seneffe, qui se déroula dans le vallon de l'Escaille et qui laissa probablement le lieu ravagé", explique Joseph Strale, membre de la Commission d'histoire de l'entité manageoise (CHEM).

Il fut d'ailleurs reconstruit en brique. La propriété échoit, en 1788, entre les mains de la princesse de Looz-Corswarem dont la famille est, à l'époque, également propriétaire du château de Trivières.

Avec sa soeur, elle n'y vivra que quelques années, le temps que la Révolution éclate et, comme bon nombre d'aristocrates, ne soit contrainte à fuir. Il est intéressant de constater que le château est acquis, en 1804, par la famille Warocqué, qui le met en location.

Le parc est aménagé en 1833, les douves disparaissent. Il finira, en 1909, entre les mains du maître brasseur Jules Carlier.

F.Sch.

L'histoire du château remonterait à 1344. De nombreux propriétaires se sont succédé et, avec eux, beaucoup de transformations. (AVPRESS)