Amilton Dinga, l'ancien défenseur brésilien du Standard, a terminé sa carrière en Tunisie

JARDIM D'ENFER Amilton Dinga n'a laissé que de bons souvenirs de son passage au Standard. Le palmarès du solide défenseur brésilien affiche, en effet, une Coupe de Belgique remportée en 1993 face au Sporting de Charleroi.

Pendant neuf années, Amilton Dinga revêtit le maillot du Standard avant d'être transféré à l'Etoile du Sahel, en Tunisie. `J'ai, en effet, terminé ma carrière de footballeur là-bas, se souvient-il. J'ai évolué une saison et demie dans le championnat tunisien avant qu'une fracture de la jambe ne m'écarte définitivement des pelouses.´

Amilton Dinga est donc rentré au Brésil où il s'occupe désormais des jeunes joueurs de son village dans la banlieue de So Paulo. L'ancien défenseur du Standard connaît donc parfaitement les forces en présence au Japon. `Je n'ai rien manqué, avoue-t-il. J'ai, notamment, suivi les prestations belges et tunisiennes avec beaucoup d'intérêt. Je connais encore beaucoup de joueurs de ces deux formations que j'ai côtoyés au Standard ou à l'Etoile du Sahel.´

Pas moins de sept joueurs de la sélection tunisienne ont, en effet, porté ou portent toujours le maillot de l'Etoile du Sahel.

`La plupart d'entre eux jouaient avec moi, remarque Amilton Dinga. Je me souviens, notamment, du milieu de terrain Kaïs Ghodhbène, d'Imed Mehadhebi, de Riadh Bouazizi ainsi que de José Clayton, le Brésilien de la sélection nationale.´

Amilton Dinga est donc mieux placé que quiconque pour donner son point de vue sur les deux équipes qui seront appelées à croiser le fer lundi matin. `En Tunisie, le manque de professionnalisme est flagrant, remarque-t-il. Les joueurs ne sont jamais totalement concentrés sur leurs tâches. Cet état d'esprit omniprésent s'est d'ailleurs poursuivi en équipe nationale. Or, dans une compétition d'un niveau aussi élevé, cela ne pardonne pas. Les Tunisiens ont d'ail- leurs pu s'en apercevoir face à la Russie.´

`La Belgique a la chance de pouvoir compter sur Waseige´

Amilton Dinga estime qu'il subsiste de grandes différences entre la culture footballistique belge et tunisienne. `Le professionnalisme qui existe dans ces deux pays n'est en rien comparable, ajoute-t-il. La Tunisie dispose de bons éléments. Les facultés techniques de ses joueurs et leur rapidité représenteront une menace pour la défense belge. En revanche, l'avantage physique plaide largement en faveur des Diables Rouges. Je suis persuadé que la Belgique s'imposera.´

Amilton Dinga appuie sa thèse sur plusieurs constats. Aux yeux du Brésilien, les Diables Rouges possèdent des meilleurs atouts. `Avec Robert Waseige et Marc Wilmots, la Belgique dispose de deux grandes personnalités. Le sélectionneur fédéral est, en effet, l'entraîneur le plus compétent que j'aie connu. J'ai milité deux saisons sous ses ordres au Standard. C'est une chance inestimable pour un pays comme la Belgique de pouvoir compter sur un entraîneur de cette qualité. Les Diables disposent aussi en la personne de Marc Wilmots d'un grand joueur et d'un leader exceptionnel qui m'a beaucoup aidé lors de mon séjour en Belgique. Face au Japon, les Belges auraient pu s'imposer s'ils n'avaient pas commis de telles erreurs défensives. Les Japonais n'ont pratiquement pas eu voix au chapitre. Or les Asiatiques ne sont pas des oiseaux pour le chat. La qualité de leur jeu devrait encore leur permettre de signer de bonnes performances à l'avenir. Les Diables Rouges devront veiller à se montrer plus rigoureux en défense car les attaquants tunisiens sont vifs et rapides. S'ils parviennent à contenir leurs velléités offensives, vos compatriotes s'en sortiront et émergeront de leur poule. Les Belges pourraient alors rencontrer le Brésil´

Et là, Amilton Dinga se garde bien d'émettre un pronostic. Car avant d'envisager une telle issue, le chemin à parcourir est encore long. Amilton Dinga le sait mais, lui, il croit au succès des Diables

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