Le tournage des cinq documentaires sur la folie a commencé à La Louvière

LA LOUVIÈRE Il régnait comme une espèce de frénésie dans les locaux de la société Dragone, ce mardi. Trois des réalisateurs invités pour cinq semaines de résidence à La Louvière se lançaient en effet dès hier dans l'aventure du tournage, chacun explorant sa vision de la folie, le thème choisi cette année pour le projet cinématographique 5sur5.

Dix jours de repérages auront été nécessaires pour déterminer les lieux où ils poseraient leurs caméras (dispositif HDV) pendant six jours et pour l'écriture des scénarios de leurs documentaires.

De la vision clinique de la folie à la docu-fiction surréaliste, en passant par le côté obscur de La Louvière, la cause des femmes immigrées et l'histoire de la légende minière, tous abordent le thème avec un regard différent. Dimitri Lurie, le Russo-Norvégien, partait hier à la recherche des fantômes de Chavée et de Magritte, en racontant son histoire à travers les yeux d'un chien, un documentaire, comme il l'a qualifié. Pour lui, la production a prévu d'acheminer à La Louvière un écran bleu et d'aménager un studio pour les effets spéciaux. Dimitri a en effet dans son planning de tournage, la reconstitution grandeur nature d'une scène d'un tableau de Magritte Son équipe avait pris place dans le petit café Don Camillo, sur la place Mansart et le soir-même, s'est rendue à la gare de Haine-Saint-Pierre pour quelques séquences.

Mohanad Yaqubi, de Palestine a choisi de montrer le côté sombre de La Louvière. Il tournera la nuit, au milieu des urgences, des pompiers, des night-shop, des bars et dans les rues. Hier soir, il filmait la relève des ouvriers de chez Duferco.

«Mohanad part du principe que nous avons tous une partie sombre, explique Magaly Hanappe, coordinatrice de production. Que la nuit est notre côté obscur, et l'impression que c'est à ce moment que toute notre folie s'exprime ou se réprime»

Djamihou Alade tente d'exploiter la frontière entre la lucidité et la folie en offrant trois interprétations (clinique, sociétale, artistique) entre lesquelles le spectateur devra choisir. Une approche plus classique qui l'emmènera pourtant chez un psychiatre. Impressionné par les paysages de la région, Djamihou a choisi de tourner en ville et sur les terrils de la région du Centre.

Les deux autres réalisateurs tourneront la semaine prochaine tandis que ceux-ci entameront leur semaine de montage. Accompagnés d'un chef opérateur, d'un assistant réalisateur, d'un ingénieur du son et parfois d'un interprète, les réalisateurs peuvent disposer d'une musique originale pour leurs documentaires. L'ensemble sera mis en boîte et projeté le 18 septembre prochain au cinéma le Stuart.

© La Dernière Heure 2005