LIÈGE Un bavard impénitent s'est tu, définitivement coupé, sans doute, dans un élan oratoire. Matt Van Toorn, le plus wallon des Néerlandais, est mort au Nigéria, terrassé par un virus foudroyant. Il y était en quête de jeunes talents. "Son décès me touche, avoue Raphaël Quaranta, qui fut son équipier au FC Liégeois. J'ai commencé ma carrière avec lui. Comme nous étions nés le même jour, nous fêtions souvent notre anniversaire ensemble. Nous sommes même partis en vacances, avec Roger Henrotay. Quand Mat s'est exporté sur le continent africain, il m'a proposé de l'accompagner. Il était un passionné de foot et un gourmand de la vie. Ce véritable moulin à paroles était aussi un fonceur. S'il l'avait fallu il serait allé trouver la Reine Beatrix pour lui exposer d'éventuelles doléances. Mat n'hésitait jamais à aller au front pour défendre le groupe. Quand un conflit surgissait, il était le premier à prôner le dialogue et à chercher à aplanir les angles."

Enfant de Feyenoord, Matt Van Toorn débuta avec Van Haneghem, Geels et Boskamp. Il évolua six ans à Charleroi, de 1972 à 1978. Il joua ensuite une saison à Anderlecht avant de rallier le club de Rocourt où il demeura de 1979 à 83. Ce médian a disputé 239 matches en D1 et inscrit 21 buts. Il entraîna, entre autres, l'Olympic, le FC Liège et l'ONU Seraing, en foot en salle. Le 29 décembre prochain, il aurait eu 57 ans.

Michel Dubois