"Les pauvres sont les 1res victimes de la criminalité"
C'est le constat établi par le sociologue Jan Hertogen, qui craint que le phénomène ne s'amplifie avec les mesures que le nouveau gouvernement fédéral entend mettre en place. Voici notre fait du jour.
- Publié le 26-10-2014 à 18h30
- Mis à jour le 27-10-2014 à 06h43
C'est le constat établi par le sociologue Jan Hertogen, qui craint que le phénomène ne s'amplifie avec les mesures que le nouveau gouvernement fédéral entend mettre en place.
Dans l'imaginaire collectif, les riches sont les victimes de cambriolages, vols ou dégradations. La réalité est différente, affirme le sociologue Jan Hertogen : "Les pauvres sont les premières victimes de la criminalité.
Pour étayer son propos, il a conçu deux cartes : l'une recense le taux de criminalité dans les communes, l'autre met en évidence le niveau moyen de revenu des habitants dans les communes belges. "Ces cartes montrent clairement que les faits de criminalité sont élevés dans les communes où les revenus de la population sont bas. C'est très visible pour l'ancien axe industriel et certaines villes comme Bruxelles. À l'inverse, dans les communes où les habitants ont de hauts revenus, peu de faits de criminalité sont recensés par la police."
Bien que le niveau de criminalité reste élevé sur certains territoires, le nombre de délits enregistrés par la police fédérale a tendance à baisser en 2013 dans l'ensemble du pays : moins 6,3 % pour la Région flamande, moins 8,8 % pour la Région bruxelloise et moins 3,7 % pour la Région wallonne. Dans certaines communes pauvres , la chute du nombre de faits de criminalité en une année dépasse même les 10 % comme à Anderlecht, Saint-Gilles ou Verviers.
Comment expliquer ces bons résultats ? "Des efforts ont été réalisés pour maintenir un revenu minimum pour l'ensemble des habitants, notamment ceux qui n'ont pas de travail. La baisse de la criminalité est la conséquence d'une politique qui a pu éviter la paupérisation d'une population, malgré la crise" , analyse Jan Hertogen. "Ce n'est qu'en améliorant les revenus et les aides sociales dans les communes pauvres que la criminalité va diminuer."
Sur ce dernier point, Jan Hertogen ne voit pas l'avenir d'un bon œil. Le sociologue annonce une recrudescence des faits violents dans les prochaines années. La faute au nouveau gouvernement, selon lui. "Avec le MR, la N-VA et l'Open VLD, ça fait 80 % de libéraux dans les personnes qui dirigent la politique du pays au niveau fédéral. Avec les coupes budgétaires, ce n'est pas seulement le niveau de vie des habitants qui va être attaqué, c'est la vie en sécurité des gens qui ont le moins."

Les cambriolages de maisons, délit n°1 en Belgique
Cambriolages d'habitations. Avec 75.123 plaintes déposées en 2013, c'est le fait de criminalité qui arrive en tête au niveau national.
Vols dans et sur un véhicule. Il s'agissait en 2012 du délit le plus répandu dans le pays. Il était en large recul sur l'année 2013 (- 13,2 %) avec 66.479 faits enregistrés.
Dégradations de voitures. Avec 44.530 plaintes enregistrées en 2013, ce type de délit est également en baisse par rapport à l'année précédente.
Vols. Dans son rapport, la police fédérale distingue les différents types de vols. Parmi l'ensemble des vols (130.313 faits recensés en Belgique en 2013), les vols à la tire sont les plus répandus (31 %). Ils sont suivis des vols de vélos, vols à l'étalage, vols avec violence sans arme, vols de voitures, vols à main armée.
Arrachages de sacs à main. C'est le délit pour lequel la police fédérale a reçu le moins de plaintes en 2013 : 2.164 faits ont été enregistrés.