De la muse de qualité
(04/11/2009)
© BAUWERAERTS
Muse au Sportpaleis ou comment transporter 17.500 personnes
ANVERS Voilà un show réglé comme une partition de musique. Les notes y coulent avec brio, la batterie et les guitares s’unissent pour créer une mélodie incomparable. Tout est si parfait qu’on en viendrait presque à espérer une fausse note pour démontrer que Matthew Bellamy et sa bande ne sont pas des extraterrestres…
Mais le faux pas ne vient jamais, laissant un public sans voix : Muse débarque bien tout droit d’une autre planète. Celle où musique classique, rock, pop et électro se joignent en une seule symphonie. Le groupe ne cesse d’ailleurs de jouer avec cette ambigüité, en s’élevant de plusieurs mètres sur de gigantesques socles ou en jouant avec des lasers dernière génération qui feraient pâlir de jalousie Jean-Michel Jarre. Show avant tout musical mais également visuel grâce à des écrans géants, les Britanniques ont prouvé une fois encore qu’ils jouaient dans la cour des grands.
Un véritable travail de pro mais qui manque par moments de chaleur. Ils sont peu communicatifs et le public n’aura eu droit qu’à deux petits “Hello Belgium” ou presque… Mais ce n’est pas non plus ce qu’on demande au trio de Teignmouth qui a délivré tous ses classiques sans faille face à un public déjà conquis. Un travail d’orfèvre.
Si, d’emblée, ils servent deux titres de leur dernier album, The Resistance, dont Uprising en ouverture, Muse contente aussi ses fidèles en piochant dans son répertoire ses plus grands classiques. Une fresque musicale où l’on admire le romantique et mélancolique Unintended, le déménageant Hysteria, le Queenesque United States of Eurasial, l’explosif Starlight, l’incomparable Plug in Baby et le divin Time is running out…
Malgré le manque d’objectivité que peut provoquer une telle maitrise de la musique – il en faut une sacrée dose de génie et d’originalité pour parsemer ses morceaux de références classiques –, Muse aura provoqué la déception de quelques-uns. Si les uns pleureront l’absence de certains titres, comme Invincible (mais ils doivent bien faire des choix), les autres regretteront que Matthew ne se soit installé au piano, dont il maitrise pourtant toutes les touches, que pour deux titres. Des critiques vite oubliées après une partie de nuit magique…
Sophie Lagesse
© La Dernière Heure 2009
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