Tueries: des fouilles dès mardi
- Publié le 30-07-2010 à 07h15
- Mis à jour le 30-07-2010 à 07h43

"De 5 à 8 jours" pour repêcher à Ronquières les derniers indices de la bande : armes, voire restes humains
BRUXELLES C'est mardi prochain 3 août, dix jours plus tôt qu'annoncé, que débutent à Ronquières, dans le canal Charleroi-Bruxelles, les fouilles à la recherche des derniers indices matériels dans l'enquête sur les tueries du Brabant.
Les fouilles, qui dureront de 5 à 8 jours, visent à retrouver d'éventuels indices dont des armes, sans exclure des restes humains, ceux d'un auteur et pas n'importe lequel : le tueur qui aurait tué 22 des 28 victimes de la bande et pourrait avoir été blessé le 9 novembre 1985 au Delhaize d'Alost. Ses restes n'ont jamais été retrouvés mais il est acquis que les tueurs ont traversé le bois de la Houssière situé à 1.500 mètres.
Les recherches mettront en œuvre des moyens jamais utilisés. Selon nos infos toujours, elles concerneront le bassin dit "de retournement" situé à hauteur du chalet La petite bouffe, le long de l'avenue des Tilleuls.
L'endroit avait été partiellement exploré avec succès en 1986; des trouvailles y avaient été faites, et même les plus importantes et précieuses pour l'enquête. Cette fois, la totalité du bassin sera fouillé. La cellule Brabant wallon évoque de "bons espoirs" .
Les fouilles impliqueront des plongeurs du 11e Génie, de Burcht près d'Anvers. C'était déjà les plongeurs de Burcht qui, le 7 novembre 1986, avaient trouvé les premiers indices au même endroit. Un des plongeurs de l'époque sera présent la semaine prochaine. Ce militaire a pu raconter comment l'on avait procédé il y a 24 ans, et confié sa certitude que tout n'avait certainement pas été fouillé.
Les fouilles impliqueront la protection civile, la police locale et des unités de la police fédérale dont le DVI et la cellule Brabant wallon venue de Charleroi.
L'équipement prévoit la présence d'une drague suceuse pour aspirer le fond du bassin et enlever, traiter et trier des centaines de mètres cubes de boue et de vase.
Pourquoi cet endroit précis ? C'est l'exploitation d'un procès-verbal (notice : 2.420) de novembre 1985 dans lequel un témoin affirmait à l'époque avoir vu des gens se débarrasser de "quelque chose à cet endroit". Nous sommes immédiatement après le 9 novembre 1985 (8 personnes tuées au Delhaize d'Alost) et à 1,5 km du bois où les tueurs ont abandonné une VW Golf GTI.
Le parquet de Nivelles le premier fait fouiller l'endroit mais par un seul plongeur qui ne trouve rien. Un an plus tard, le parquet de Termonde revient avec des moyens plus importants. Et repêche les indices les plus précieux à ce jour provenant de la bande, 150 cartouches Legia , un tiroir-caisse et le baby coffre du Delhaize d'Alost, un vieux manteau gris sombre, un gilet pare-balles volé en 1983 dans la firme Wittock van Landeghem à Tamise, et des armes et morceaux. Dont un point 22, l'arme de celui des tueurs qui aurait tué 21 des 28 victimes.
Si de nouveaux indices matériels sont trouvés, et les enquêteurs ont vraiment cet espoir, des mesures seront prises pour les préserver et préserver les traces, permettre leur exploitation optimale.
Comme cela n'avait pas été le cas en 1986, époque il est vrai où les techniques liées à l'ADN en étaient encore aux balbutiements.
© La Dernière Heure 2010
