La police tire sur un taximan: probablement pas de rassemblement sur la A201

La police tire sur un taximan: probablement pas de rassemblement sur la A201
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Le parquet de Bruxelles a demandé la mise sous mandat d'arrêt du chauffeur de taxi de 28 ans qui a été blessé par balle

BRUXELLES Plus aucun chauffeur de taxi ne serait en route vers l'A201 en vue de bloquer l'accès au Brussels Airport, a indiqué mercredi vers 16h00 la police fédérale. Les policiers sont mobilisés en nombre, ce qui a probablement dissuadé les chauffeurs de taxis mais la police reste prête à intervenir.

Plus de 200 chauffeurs de taxis s'étaient rassemblés mardi soir à la fin de l'A201, après qu'un conducteur a été blessé par un policier.


Parquet demande la mise sous mandat d'arrêt du chauffeur

Le ministère public soupçonne le chauffeur de tentative de meurtre sur l'agent.

Le taximan aurait roulé droit sur le policier et l'aurait ensuite traîné sur son capot sur deux kilomètres. L'incident a débuté lorsque le policier a voulu contrôler le taximan.

Ce dernier venait d'embarquer un client à l'aéroport alors qu'il n'avait pas l'autorisation nécessaire.

D'après les images des caméras de surveillance et les déclarations du client, il semble, selon le parquet, que le chauffeur, à la vue de l'agent, a d'abord reculé avant de foncer sur l'agent.

"Ce dernier s'est retrouvé sur le capot et s'est cramponné", explique le porte-parole du parquet. "Après une centaine de mètres, il a tiré à deux reprises verticalement à travers le pare-brises dans le tableau de bord de la voiture qui a poursuivi sa route à une vitesse raisonnable. Le taximan a également effectué plusieurs manoeuvres brusques afin de faire tomber l'agent du capot.
Après deux kilomètres, le chauffeur s'est arrêté, après les rappels répétés du client."

Une bagarre s'est alors engagée, sur le viaduc de l'A201, entre le conducteur et le policier, au cours de laquelle un troisième coup de feu est parti.

"Le taximan a été blessé au bras par ce tir et il a été maîtrisé", poursuit le porte-parole. "Les services de secours l'ont transporté à l'hôpital où il reçu des soins. Une fois ceux-ci terminés, les médecins l'ont autorisé à sortir, après quoi il a été interpellé et entendu."

L'homme a fait une déclaration mais elle ne correspondrait pas complètement avec les constatations matérielles de l'enquête.

Le juge d'instruction décidera dans la journée de la mise ou non sous mandat d'arrêt. Le policier n'a pas encore pu être entendu car il est encore trop sous le choc.


Relance de la problématique des taxis à l'aéroport

L'incident mardi soir entre un chauffeur de taxi et un policier à Brussels Airport relance le débat sur la problématique des taximen à l'aéroport national. Les chauffeurs de taxi bruxellois, qui ont une autorisation, peuvent conduire des personnes vers l'aéroport de Zaventem mais doivent repartir à vide. Les taxis de Zaventem, commune située en Flandre, ne peuvent pas amener des clients de Bruxelles vers l'aéroport mais bien dans le sens opposé.

Les taximen bruxellois doivent apposer un "spoutnik", qui comporte un iris, sur leur toit. Cependant, cette réglementation est mise à mal par le maraudage, qui consiste à circuler, à vide, lentement, à la recherche de clients. "Ce phénomène est important à l'aéroport de Zaventem", note Claude Delire, président du Groupement national des entreprises de Taxis et voitures de Location asbl - (G.T.L.).

Cette situation peut être à la source de conflits entre les taximen avec autorisations et ceux sans. Ben Brik, président de l'Union Professionnelle des exploitants de taxis et taxis-camionnettes, évoque lui des tensions depuis quelque temps entre les chauffeurs de taxi et les policiers de l'aéroport. "Parmi ces derniers, certains se montrent extrémistes et ces tensions ont peut-être poussé le conducteur à agir de cette manière", poursuit Ben Brik qui ne cautionne ni l'attitude du taximan ni celle du policier et qui demande un durcissement de la législation sur l'octroi des autorisations.

La police fédérale de l'aéroport a voulu contrôler le taximan mardi soir mais ce dernier a poursuivi sa route et a entraîné l'agent. Ce dernier a tiré à plusieurs reprises. "Les contrôles sont très réguliers", déclare Tine Hollevoet. "Ces derniers sont effectués par la police locale mais c'est la police fédérale de l'aéroport qui est compétente sur le territoire de l'aéroport."


Le parquet est convaincu que l'agent a agi correctement

Le parquet de Bruxelles est convaincu que le policier qui a tiré mardi soir sur un chauffeur de taxi sur l'A201, près de Brussels Airport, a agi correctement, a indiqué mercredi le porte-parole du parquet, Jean-Marc Meilleur.

Une enquête a été ouverte au parquet concernant l'agent, comme il est d'usage lors de tels faits, mais le parquet ne voit actuellement aucun élément à mettre à charge du policier.

"D'après les premières constatations de l'enquête, des images des caméras de surveillance et des déclarations du client qui se trouvait à bord du taxi, nous déduisons que l'agent n'a pas commis de faute", déclare le porte-parole du parquet. "Il a essayé d'effectuer un contrôle et le chauffeur de taxi a roulé vers lui."

Le taximan a avoué dans sa déclaration qu'il avait reconnu l'agent et qu'il savait que l'homme agissait de manière stricte à l'encontre des chauffeurs de taxi qui ne respectent pas les règles à l'aéroport.

Le seul élément qui n'est pas encore tout à fait clair, selon le parquet, c'est ce qu'il s'est précisément passé après que le taxi s'est arrêté sur l'A201. "Nous savons qu'une dispute s'est engagée à cet endroit entre le chauffeur et l'agent, qui se sont retrouvés sur la voie publique", poursuit le porte-parole, "et qu'un coup de feu a alors été tiré et qu'il a a légèrement blessé le conducteur à l'épaule mais l'enquête doit encore déterminer comment ce tir est précisément parti".


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