Il a transmis le sida sciemment

A. Vbb.

Jugé coupable, l'homme écope de trois ans de prison, dont un ferme

HUY Trois ans de prison assortis d'un sursis pour les deux tiers. C'est la peine qui a été prononcée par le tribunal correctionnel de Huy à l'encontre d'un homme d'origine angolaise qui est reconnu coupable d'avoir volontairement transmis le virus du sida à son épouse.

Lorsqu'il a rencontré celle qui allait devenir sa femme en 2004, l'homme se savait atteint du sida depuis 1994. C'est en février 2005 que sa femme a appris sa propre séropositivité. Enceinte, elle venait de subir une prise de sang.

La victime a fait part du diagnostic à son époux qui a fait mine de tomber des nues. Ce n'est qu'en 2006, alors que son mari menaçait de la quitter, qu'elle a décidé de déposer plainte, sur les conseils d'une psychologue attachée à un service de police.

Plainte a donc été déposée. L'enquête a été initiée et a démontré que le prévenu était au courant de sa séropositivité. Il a déclaré qu'il croyait être guéri. Il expliquait que son recours à la prière lui avait permis de vaincre la maladie.

Cet argument n'a évidemment pas convaincu le tribunal qui dans son délibéré a insisté sur l'extrême gravité des faits et sur leur caractère hautement attentatoire à la vie d'autrui.

Âgée de 43 ans, la victime suit un traitement lourd aux effets secondaires handicapants. Vomissements mais aussi extrême fatigue l'empêchent de travailler et de développer une vie sociale normale.

Elle s'occupe malgré tout de ses deux enfants dont celui qui est issu de son union avec le prévenu. Le jeune enfant a subi des traitements prénataux qui l'ont protégé du virus.

Au civil, la victime a obtenu 2.500 € à titre provisionnel. Une expertise médicale a également été ordonnée. C'est cette expertise qui permettra de déterminer avec exactitude la hauteur du préjudice.

Quant au prévenu, il a entretenu une relation éphémère avec une autre femme.

Lors de cette nouvelle relation, il a la plupart du temps protégé sa partenaire, même si le jugement fait mention d'une fellation sans protection. Sa partenaire n'a heureusement pas été contaminée.

L'avocat de cet homme envisage la possibilité d'interjeter appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Huy.

Le conseil assure qu'aujour- d'hui son client est bien conscient de sa maladie mais qu'à l'époque sa foi le conduisait à croire qu'il était guéri.



© La Dernière Heure 2011

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