Un beau-père accusé d'avoir piétiné un bébé
- Publié le 30-09-2011 à 08h06

Le prévenu parle d'un accident. La substitute du procureur a requis 18 ans de détention
BRUXELLES Aucun mot ne suffira à qualifier le climat qui régnait à la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, cette semaine.
Il y avait comme une odeur de terre brûlée, comme une sensation d'humanité atomisée.
Surnommée souvent le "prétoire des horreurs" , cette salle d'audience connaît habituellement des dossiers de mœurs particulièrement atroces. Mais, cette fois, l'horreur était à son comble.
Fabrice Lisamba, 26 ans, répond de violences systématiques infligées à un garçonnet de 17 mois. Les faits ont duré trois mois et, le 15 août 2010, l'enfant est mort. Ce jour-là, sa mère l'a trouvé inanimé sur son lit. Elle revenait de la messe et elle avait laissé ses deux garçons à la garde de son compagnon, Fabrice Lisamba Tambwe. Les secours n'ont rien pu faire pour sauver l'enfant.
L'expert judiciaire a conclu à une haute probabilité d'un piétinement du garçonnet à coups de talon. D'autres blessures constatées sur la victime sont compatibles avec les éléments fournis par sa mère : Lisamba Tambwe avait l'habitude de jeter violemment le bébé sur le lit, la tête de ce dernier heurtant souvent les montants en bois.
La substitute du procureur du Roi, Lorraine Pilette, a retenu des faits de "coups volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", précisant que les violences systématiques qui ont précédé le drame étaient des traitements inhumains et dégradants, au sens des conventions internationales.
Le prévenu répond aussi de coups infligés à l'aîné de la principale victime qui était âgé de 4 ans au moment du drame et qui était également battu comme plâtre.
Mme Pilette a requis 18 ans de détention. Pour la défense, Mes Xavier Carrette et Étienne Tordoir ont soutenu qu'en l'absence du moindre témoin, il fallait retenir la dernière version du prévenu.
À savoir qu'il est tombé accidentellement sur l'enfant. La carrure particulièrement imposante du beau-père aurait provoqué un choc irréversible.
Jugement le 16 novembre.
© La Dernière Heure 2011
