"C'est moi qui ai libéré les quatre de la maison de l'horreur !"
- Publié le 31-05-2013 à 05h40
- Mis à jour le 09-07-2013 à 17h13

La DH a retrouvé une dame à Cleveland qui prétend que le héros de l'affaire de séquestration est un menteur
CLEVELAND "Le menteur ! Ce n'est pas Charles Ramsey qui a libéré les trois femmes et la petite fille de la maison de l'horreur. C'est moi. Mais lui, il parle anglais et c'est un showman. C'est ce que les chaînes de télévision aiment."
La dame qui parle à la DH est Aurora Marti, une Portoricaine de 75 ans. Elle habite en face de la maison où Ariel Castro, 52 ans, a séquestré trois jeunes Américaines et une petite fille pendant une dizaine d'années. Le 6 mai, la libération miraculeuse des quatre avait fait la une de la DH et des journaux dans le monde entier.
Cleveland, là où les Diables Rouges viennent de jouer contre les États-Unis, avait son Marc Dutroux. La Seymoure Avenue est devenue un lieu de tourisme de catastrophe, surtout au niveau du n° 2207. Les voitures ralentissent, les gens sortent et prennent des photos de la maison blanche, une voiture de police monte la garde 24 heures sur 24. "En 2009, onze corps ont été trouvés dans le jardin d'un tueur en série dans cette même ville, nous explique Jeff, le shérif de service. Après l'arrestation de l'homme, sa maison a été pillée et ses objets ont été vendus. Ici, on veut éviter que des preuves ne disparaissent. D'où aussi le grillage autour de la maison et les planches qui barricadent les fenêtres."
La vedette après l'incroyable libération s'appelle Charles Ramsey, le locataire du n° 2203. La vidéo où il explique ses actes héroïques a été vue 18 millions de fois sur YouTube. "Il n'est pas là, dit son colocataire, Willy. Il a changé son numéro de GSM. La presse n'arrêtait pas de l'appeler. Au début, il y avait des centaines de journalistes et de caméras dans la rue. Charles est connu dans le monde entier. Et puisqu'il a déclaré qu'il venait du McDonalds, il s'est vu offrir un an de McDo gratuit. Le radin. Il ne m'a pas encore invité une seule fois." (Rires.)
Assise dans son divan sur sa terrasse, de l'autre côté de la rue, une dame nous appelle. "Ce Charles ne vit presque plus ici. La police l'a hébergé dans un endroit secret. Hier, il est encore venu me menacer, avec les termes les plus vulgaires. Si je continuais à raconter la vérité à la presse, je le paierais cher. J'ai déposé plainte auprès de la police."
Aurora le jure. Sa vérité est la seule vérité. "Ce 6 mai à 18 heures, j'entendais crier : Au secours ! Au secours ! Je suis Amanda Berry ! J'ai traversé la rue, la porte de la maison était fermée. J'ai répondu : Ce n'est pas possible ! Cela fait dix ans qu'Amanda Berry est morte. Non ! Sortez-moi d'ici !, hurlait-elle."
Vu son âge, Aurora était impuissante. "J'ai appelé Angel Cordero, l'ami de ma voisine. C'est lui qui a fait un trou dans la porte de Castro, d'où Amanda est sortie avec sa fille de six ans, générée par le malfaiteur pendant la séquestration. Amanda a traversé la rue et a appelé le 9-1-1 avec ce téléphone-ci (NdlR : elle le montre) d e ma voisine. En un rien de temps, 15 voitures de police et des ambulances étaient ici. Puis, Michelle Knight (30 ans) et Gina DeJesus (23 ans) ont également été libérées."
Aurora tremble en citant le nom du faux héros. "J'ai entendu que ce Charles a reçu 15.000 dollars comme récompense. Les médias l'adorent. Il a de l'humour, ses propos sont tranchants. Et il parle l'anglais, et moi pas. Mais il ment ! Et la police le sait. D'ailleurs, il se contredit souvent. Il n'a même pas été au McDo. Et la police a la preuve que le coup de téléphone à 9-1-1 a été fait de chez ma voisine et pas de chez lui."
Détail croustillant : le casier judiciaire de Charles Ramsey n'est pas vierge non plus. Il a fait de la prison pour violence conjugale, vol et abus de drogue…
© La Dernière Heure 2013
