Ryanair débauche chez Brussels Airlines

K. F.
Ryanair débauche chez Brussels Airlines
©D.R.

Deux fois leur salaire : c'est ce qu'a proposé mardi à Bruxelles la compagnie low cost aux pilotes de l'ex-SNBA

BRUXELLES Le mercato des transferts, ça n'existe pas que dans le milieu du football. Dans le secteur aérien, aussi, on tente de débaucher les meilleurs éléments, des pilotes dans ce cas de figure. Mardi, Ryanair est carrément arrivée sur les terres de Brussels Airlines pour appâter ses commandants de bord.

En fait, la compagnie irlandaise avait squatté plusieurs salles de l'hôtel Sheraton qui fait face à l'aéroport de Bruxelles National, cela alors que Ryanair dispose de sa base belge à une cinquantaine de kilomètres de là, à Charleroi. Elle y a organisé pas moins de trois sessions d'informations à l'attention des staffs des compagnies opérant dans la capitale. Objectif : recruter du personnel.

Mais pas à n'importe quel prix, en ce sens que Ryanair mettra les moyens financiers pour s'adjuger les services d'hommes et de femmes qualifiés. Alors qu'un pilote chez Brussels Airlines, qui a dix années d'expérience, est payé environ 7.500 euros bruts par mois, un pilote chez Ryanair percevra 14.000 euros par mois. Ce simple argument a suffi a attiré les foules. "Près de la moitié des 550 pilotes Brussels Airlines ont assisté à ces sessions d'information", nous confie un collaborateur de Brussels Airlines.

Beaucoup devraient faire le pas, attirés par l'appât du gain. Ceci dit, les conditions sociales chez Ryanair ne sont pas aussi clémentes que chez Brussels Airlines. Les syndicats n'y sont pas représentés, la couverture sociale du travailleur est à charge de celui-ci, les pilotes volent près de 100 heures par mois (contre 60 heures chez Brussels Airlines)... "On presse les pilotes, notamment les jeunes", nous indique un pilote.

Toujours est-il que cette opération de séduction a été fort peu appréciée par les dirigeants de Brussels Airlines qui sont confrontés depuis plus d'un an à une pénurie de pilotes. Officiellement, on explique toutefois que "les compagnies font du recrutement, ce n'est pas étonnant, répond Thierry Van Eyll, porte-parole de Brussels Airlines. Est-ce que nos pilotes ont assisté à ces sessions ? Nous ne le savons pas, nous ne contrôlons pas leur temps libre."



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