Cinéma Le Bruxellois de 30 ans passe de James Bond à l’univers des frères Dardenne.

On a tort de souvent opposer l’artistique au sportif. Le double grand écart que s’apprête à effectuer Marc Zinga devrait en effet forcer le respect des inconditionnels des arabesques gymniques tout autant que des cinéphiles. Passer de la très sociale Palme d’or Dheepan (qui sort ce mercredi 26 août) au summum du divertissement, le prochain James Bond intitulé Spectre (en salle le 4 novembre), avant d’enchaîner avec le nouveau projet top secret des frères Dardenne relève en effet de l’exploit.

Comme il nous l’a révélé en exclusivité, Marc Zinga a en effet été enrôlé par les frangins liégeois doublement palmés d’or pour leur nouveau film, dont Adèle Haenel sera l’héroïne, La fille inconnue. "Je ne pouvais pas rêver mieux que travailler à trois mois d’écart avec Jacques Audiard et Sam Mendes. Il ne manquait plus que les frères Dardenne et cela va être comblé cet automne. Ils m’ont proposé de jouer dans La fille inconnue et comme je suis fan de leur travail, qu’ils font partie des gens qui donnent au cinéma ses lettres de noblesse, j’ai dit oui sans même lire le scénario ! Je ne connais pas l’importance de mon rôle dans le projet. Ni ce que sera ce rôle. En septembre, on se verra pour les répétitions. Y aller à l’aveugle, cela m’attire. C’est une chance pour moi de participer à l’œuvre de grands cinéastes."

Comment vous expliquez cette accélération incroyable dans votre carrière ?

"Je suis très chanceux. Le travail et l’abnégation ne suffisent pas, c’est certain. Des acteurs talentueux, cela court les rues. Je remercie donc le ciel d’avoir été là au bon endroit au bon moment. C’est une combinaison de choses dont la pointe constitue ma participation au James Bond. Parce que cela appartient à la conscience collective. C’est le petit coup de projecteur qui m’a offert une véritable visibilité."

Cela doit être jouissif d’incarner l’assistant du méchant joué par Christophe Waltz dans Spectre ?

"Je ne peux rien confirmer ni infirmer sur l’histoire en raison d’un contrat de confidentialité. Mais c’est sûr que travailler, même une seule semaine, dans ces conditions, dans un tel déploiement de moyens géré par des pointures, c’est un bonheur. On voit des maîtres à la tâche. C’est gratifiant et hyperinstructif. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la sérénité à travers laquelle le professionnalisme Sam Mendes et Christoph Waltz s’exprime. Ce sont des travailleurs modestes, appliqués, discrets et bien élevés. On ne rencontre pas ça tout le temps. Alors, sur une des plus grosses productions au monde, cela appelle le respect."

Tout comme son parcours personnel à seulement 30 ans.