Charlize Theron et le Petit Nicolas s'invitent dans les salles
Une comédie potache classique sur les tricheries et les amourettes des cancres, mais avec la technologie moderne et Internet et un million de façons de mourir… de rire, ce sont les sorties de la semaine! Qu'en ont pensé nos experts ?
- Publié le 08-07-2014 à 16h49
- Mis à jour le 08-07-2014 à 20h35

Albert à l'ouest: un million de façons de mourir… de rire
RÉSUMÉ Albert (Seth MacFarlane) est un couillon. Un trouillard. Un peureux. Une femmelette, dirait-on si l'on voulait frapper un homme à terre. Fermier de son état - gardien de chèvres, la honte - dans un "Etat d'Amérique où Ari zona", comme dirait l'autre (référence inexistante dans le film à MC Solaar), Albert perd coup sur coup son honneur et son amoureuse. La première perte entraînant la seconde.
Albert est à l'Ouest , tout du moins y vit. Ou plutôt survit, à la fin du 19e siècle, dans cette région où l'on meurt à chaque coin de rue d'une maladie improbable, si on ne s'est pas fait descendre avant par un cowboy énervé. Seuls ses bons jeux de mots peuvent sauver Albert. Une chance (dans son malheur) pour lui : son érudition fatigue ceux qui veulent le provoquer en duel. Et séduit une intrigante et séduisante grande blonde (Charlize Theron), sortie tout droit d'un concours de gâchette…
NOTRE AVIS Soyons francs, nous avons (longtemps) hésité avant d'attribuer quatre étoiles à ce western des temps très modernes. Mais comme c'est l'été, et qu'on a (parfois) envie de mettre nos neurones en veille… Non, ne vous y trompez pas, ce que Seth MacFarlane - à qui l'on doit déjà l'Ovni humoristique et poilu Ted - livre ici est tout sauf facile.
On salue déjà son courage, à l'opposé de celui qui manque à son personnage, de quelque peu entacher un genre cinématographique qui a longtemps fait rêver, avant d'être remisé au placard : le western. Ici, il y a un bon (Albert) et les autres sont à la fois brutes et truands.
Un peu simplet ? Non. Car le western n'est que prétexte pour planter un décor jubilatoire pour Seth (avec le bordel, la foire, le désert), auteur et réalisateur de cette comédie survoltée, à la vulgarité assumée. Et aux nombreuses références à la culture populaire, chère à MacFarlane. Ainsi, au cœur d'un feu de camp indien, en imitant le langage Cherokee, Albert (Seth) prononce ces quelques mots "Mi La Ku Nis, Mi La Ku Nis" . Mila Kunis, soit la vedette féminine de son précédent film Ted . Et si vous y regardez de plus près, vous apercevrez quelques visages connus du grand écran, cachés parmi les figurants.
Une Charlize Theron qui en redemande dans le genre humour gras, un Liam Neeson défroqué, des seconds rôles succulents et une ode à la moustache sont autant de détails qui rendent ce film inclassable très enthousiasmant. Attention cependant : à ne pas mettre sous les yeux des anti-Ted.
A million ways to die in the West/ Albert à l'Ouest - comédie (western) - Réalisé par Seth MacFarlane - Avec Seth MacFarlane, Charlize Theron, Liam Neeson, Amanda Seyfried,… - Durée : 116 minutes
Les vacances du Petit Nicolas: coups de cœur croisés
RÉSUMÉ Mais pourquoi diable les parents du Petit Nicolas se disputent-ils systématiquement à l'approche des grandes vacances ? De toute façon, au final, ils partent toujours à la montagne, comme le veut sa maman. Et si, par hasard, elle accepte un séjour à la mer, c'est uniquement en compagnie de sa propre maman, qui en fait voir de toutes les couleurs à son beau-fils. Nicolas, lui, l'aime bien : elle distribue toujours des bonbons, en échange d'un petit bisou.
NOTRE AVIS Dans une logique purement commerciale, un succès artistique et public aussi retentissant que celui du Petit Nicolas ne pouvait rester sans suite. Laurent Tirard se plie donc à l'exercice de style, non sans avoir obtenu quelques garanties sur la forme et le scénario. Intelligemment, il maintient l'esthétique de l'ouvrage original, délicieusement rétro, mais aussi le ton, doux, nostalgique et amusé. Devenu trop grand pour le rôle principal, Maxime Godart a cédé la place à Matthéo Boisselier, sans que cela choque jamais.
Une grande réussite, alors ? Pas tout à fait. Comme trop souvent dans les comédies françaises, le scénario s'essouffle rapidement et verse parfois dans le grand n'importe quoi pour assurer le minimum syndical de gags. Après un hommage savoureux à La grande vadrouille (la grand-mère ronfleuse remplace l'officier allemand, au grand malheur de Kad Merad), le récit part en vrille, amène Valérie Lemercier à se la jouer star de cinéma pour le compte d'un réalisateur italien exubérant (ce n'est pas un pléonasme, ça ?), ce séducteur-fugueur de Nicolas se retrouve traqué par toutes les familles en vacances au sortir d'un bal masqué, l'intrigue se dilue totalement pour ne plus tenir que sur les coups de cœur croisés du gamin innocent pour ses deux petites amies.
Même si l'ensemble reste mignon, il ne possède ni le charme, ni l'humour du premier volet. Cette gentille petite comédie est donc à voir avant tout pour faire plaisir à vos enfants. Pour le reste, elle ne frappe pas vraiment les imaginations.
Les vacances du Petit Nicolas - c omédie - Réalisé par Laurent Tirard - Avec Valérie Lemercier, Kad Merad, Dominique Lavanant, Mathéo Boisselier, Francis Perrin, François-Xavier Demaison - Durée 1 h 37