La critique ciné de la semaine: Adrift, un petit divertissement très convenu
Découvrez nos critiques sur les sorties de la semaine.

- Publié le 03-07-2018 à 18h58
- Mis à jour le 07-08-2018 à 18h34

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Le titre et les premières images du film ne laissent planer aucun doute : Shailene Woodley va passer un mauvais moment en mer. En pleine tempête, le mât de son navire s'est rompu, le gouvernail a été faussé et, surtout, son compagnon a été projeté dans l'eau. Autant dire que pour sa première grande expérience maritime, c'est la panique.
Notre avis Contrairement au très réaliste All is Lost, centré sur le pauvre Robert Redford bien démuni face aux éléments déchaînés, À la dérive multiplie les flash-back pour relâcher la tension, donner une signification toute particulière à chaque geste sur le bateau, apporter une dimension romantique au drame angoissant.
L'objectif du cinéaste islandais Baltasar Kormákur n'est en effet pas de nous faire frissonner comme Wolfgang Petersen avec En pleine tempête, mais de nous plonger dans la psychologie très particulière d'une naufragée. Seule sur sa coquille de noix désarticulée, avec des réserves d'eau et de nourriture réduites, elle perd progressivement ses repères. Sans en prendre conscience. Son compagnon l'avait prévenue des ravages de la solitude absolue dans cette prison posée sur l'océan, mais comment échapper à ce piège quand l'instinct de survie mobilise toutes les énergies disponibles ?
L'angle d'attaque, assez original, est malheureusement affadi par l'abus de très gros clichés (l'histoire d'amour on ne peut plus idyllique dans des contrées paradisiaques), une mise en scène quelconque incapable d'instaurer une ambiance oppressante ou un côté sexy (Shailene Woodley se transforme souvent en miss t-shirt mouillé, et s'offre même une séance de yoga nue) inutilement racoleur.
Tous ces recours à la facilité gâchent une partie du plaisir (sans parler du suspense…) et font d'À la dérive un petit divertissement extrêmement convenu qui va très vite couler dans l'océan de nos souvenirs.
NOTRE AVIS: MOYEN
La vie XXL: la ronde monte à Paris

Suite des aventures au grand écran de l'héroïne BD de Darasse et Zidrou…
Entre BD et cinéma français, ce n'est pas franchement le grand amour… Pour vingt films complètement ratés - il suffit de penser aux récents Gaston Lagaffe et Spirou et Fantasio-, il en est cependant un qui tire parfois son épingle du jeu. C'est plus surprenant encore lorsqu'il s'agit d'une suite… En l'occurrence celle des aventures de Tamara, l'héroïne imaginée par Darasse et Zidrou qui, fin 2016, avait réuni près d'un million de spectateurs dans les salles françaises.
On retrouve la jeune fille rondelette (toujours campée par Héloïse Martin) sur le quai de la gare de Lens. Elle dit au revoir à sa mère (Sylvie Testud). C'est qu'avec sa copine Sam (Noémie Chicheportiche), elle monte à Paris pour aller étudier à la Sorbonne. Sur place, à la recherche d'un appart, elles se résolvent à accepter une coloc avec le pervers Wagner (campé par le Youtubeur belge Jimmy Labbeu, aux forts accents poelvoordiens) et… le beau Diego (Rayane Bensetti), l'ex de Tamara. Qu'à cela ne tienne, celui-ci a refait sa vie avec une jolie nageuse, tandis que Tamara en pince pour James, un DJ mystérieux…
Notre avis Toujours confié à Alexandre Castagnetti (revu entre-temps avec une autre comédie ado, assez insupportable celle-là, La colle), ce second volet surclasse le premierTamara , qui tâchait sans doute trop de décalquer la BD. Tirant plus vers le cinéma - malgré l'une ou l'autre scènes délirantes -, ce volume 2 remplit en effet parfaitement son office, parvenant à faire vivre à l'écran une galerie de personnages très typés. Et ce grâce à un casting de jeunes comédiens enjoués. Le réalisateur d' Amour et turbulences (2013) retrouve ici le goût d'une comédie romantique décalée et plutôt très drôle. Dialogues savoureux et rythme sont en effet au rendez-vous de Tamara 2 , qui propose de plus un vrai miroir à son public. À cette génération d'ados qui ont grandi avec Internet et les réseaux sociaux et qui succombent parfois un peu trop vite aux sirènes d'Instagram, rêvant un peu vite de devenir des influenceurs . Au risque de se couper de la réalité et de ce qui compte vraiment, l'amitié. Voilà une morale qui ne mange pas de pain mais qui ne peut pas faire de mal non plus…
NOTRE AVIS: TOP