"Noces" et "Kong: Skull Island": les sorties ciné de la semaine
Noces : comment concilier poids des traditions et aspiration à la liberté pour une Belgo-Pakistanaise ?
- Publié le 07-03-2017 à 21h31
- Mis à jour le 07-03-2017 à 21h41

Noces : comment concilier poids des traditions et aspiration à la liberté pour une Belgo-Pakistanaise ? Idolâtrée par son frère, Zahira adore ses parents, ses soeurs, les traditions pakistanaises et sa vie en Belgique. Elle ferait n'importe quoi pour rendre sa famille heureuse. Sauf épouser un Pakistanais qu'elle ne connaît pas, par respect des coutumes. Tout en sachant que ce sera alors la honte pour ses proches.
Notre avis: Que cela fait du bien, alors que le débat politique se centre sur des idées simplistes de rejet, d'aborder un thème aussi délicat que la multiculturalité avec autant de sensibilité, de respect des différences et de subtilité. À partir de l'affaire Sadia Sheikh, véritable onde de choc de l'année 2007, Stephan Streker porte un regard dénué de jugement moral sur le monde d'aujourd'hui, où les invectives remplacent trop souvent la compréhension de l'autre.
Son héroïne appartient à deux mondes aux logiques et passés fondamentalement différents, mais certainement pas inconciliables. Et le vit très bien, jusqu'à la contrainte trop lourde pour son esprit libre. Malgré l'amour immense qui unit cette famille, réduire cette fracture-là tient de la mission impossible.
Avec une sobriété mise au service du récit et une tendresse évidente pour chacun des protagonistes, Stephan Streker dépasse très largement le fait divers pour s'attarder sur le déchirement ressenti par chacun, la difficulté de faire des choix pour soi quand ils vont à l'encontre de ceux qu'on aime ou de s'intégrer au point de renoncer aux traditions qui font ce qu'on est aussi. Impossible de ne pas être touché par le drame vécu par toutes les parties, de ne pas se poser mille questions, même si certaines options sont tout simplement inacceptables.
Un grand film, divertissant et terriblement humain, qui rend plus intelligent, dans la veine du meilleur cinéma anglais. Un gros coup de cœur.
Kong : Skull Island
Un Kong King size
1973. Une île inconnue en forme de crâne est découverte par les satellites. Les Américains veulent être les premiers à l'explorer, dans l'espoir de découvrir d'anciennes espèces. Ils vont être servis.
Notre avis: Jordan Vogt-Roberts n'y va pas avec le dos de la cuiller. Pour sa version du Seigneur des animaux : le retour du roi, il opte pour un Kong King size, haut comme un building, capable de déchiqueter un hélicoptère d'une seule main ou de couler un navire de guerre de ses griffes. Un cauchemar pour les militaires de retour du Vietnam. Et le pire reste à venir. L'endroit est en effet peuplé de créatures si terrifiantes de sauvagerie qu'elles feraient passer Jurassic Park pour l'Île aux enfants.
Visuellement, surtout en Imax 3D, c'est ébouriffant. En matière d'effets spéciaux et d'animation animalière, c'est largement du même niveau que Le Livre de la jungle. Avec plus de cruauté, de réalisme dans la férocité ou d'expressivité dans le regard du grand singe. On en prend vraiment plein la vue.
Manifestement très inspiré par Apocalypse Now, le cinéaste a le bon goût de faire référence à l'imagerie la plus mythique de la guerre du Vietnam, avec des couleurs orangées, des couchers de soleil géant ou des déambulations moins paisibles qu'il n'y paraît sur les rivières. Juste splendide.
Côté récit, l'inspiration est clairement à chercher du côté de Jurassic Park. Les surprises sont donc moins de mise. Mais l'exploration prend quand même aux tripes. L'ensemble est tellement beau, divertissant, impressionnant qu'il s'agit sans doute du roi des Kong.