Lara Fabian à coeur ouvert: "J'ai déjà frôlé la mort"
- Publié le 03-10-2018 à 11h45
- Mis à jour le 03-10-2018 à 15h46

Lara Fabian, coach à The Voice Canada, sort un nouveau single, Papillon. Avant un album du même nom et la création d'une école. "Papillon, c'est mon totem depuis que je suis toute petite", raconte la chanteuse belgo-canadienne au sujet de son tout nouveau single qui sort ce vendredi (avant un album de 11 chansons pop contemporaines, qu'elle a composé en dix jours dans sa maison de Montréal et qui sortira le 8 février 2019). Ma grand-mère m'appelait farfalla, donc c'est un animal qui m'a toujours suivie."
L'occasion pour Lara Fabian de se demander ce qu'elle ferait si elle n'avait que 24 heures à vivre. "Si on n'avait que ce laps de temps, on se préoccuperait de savoir si on t'écoute ou si on te voit ? Non, tu serais dans l'instant, avec les gens que tu aimes et tu compterais tes bénédictions."
À 50 ans et près de 30 ans de carrière, le temps serait-il déjà venu de savoir ce qu'on laissera comme trace sur Terre ?
"Pas vraiment. Je me préoccupe plutôt de ce que je vais faire tous les jours qui puisse avoir du sens. En dehors d'écrire de la musique, mon prochain objectif dans la vie est de transmettre ce que je sais faire. Cela fait 30 ans que je fais cela, j'ai une chance énorme, je continue de remplir des salles dans le monde entier… donc mon tour est venu de passer la main. Si tu as besoin de mon aide, je serai là."
Être coach à The Voice aurait-il été une étape dans ce travail ?
"Une étape capitale même ! La suite, c'est une école que j'ai envie d'installer, une à Montréal et une autre à Bruxelles. Voyager, transmettre et faire du mieux que je peux pour passer à des gens qui commencent ce métier, leur donner les clés. Cette école ne sera pas forcément basée sur des concepts ancestraux, car l'incroyable mutation de ce métier fait que tu dois t'adapter et proposer une lecture différente, mais l'artisanat de ce métier ne change pas. Que ce soit écrire, composer ou traduire une émotion, tout ça s'apprend. J'ai envie de créer une école où l'on apprend ce métier. Apprendre l'attitude qui accompagne le talent. Tout comme le fait qu'on n'est pas du tout préparé au show-business."
Avec le danger de tomber du côté obscur du métier…
"Exact. Tout dépend de la gestion de tes émotions, il faut arriver à gérer l'impact. Il est là pour tout le monde mais comment tu l'abordes ? Il existe plein de technologies spirituelles extraordinaires, comme la communication non violente où il s'agit de régler un conflit avant même qu'il ne commence. C'est un peu ce que j'avais décrit dans Le Secret . Ou encore tisser des liens profonds avec quelqu'un car on en a tous besoin. Car comme tout le monde, je suis tombée du côté obscur. J'ai eu une période de ma vie où j'ai eu un autre type d'addiction que la drogue ou l'alcool, une maladie ou plutôt un désordre alimentaire grave que j'extériorisais dans Amourexique . C'était ma came à moi. Je ne mangeais plus, je faisais ça pour garder le contrôle. Je prenais des médicaments pour dormir. On vit tous un impact à un moment donné qui fait qu'on n'est pas équipé pour le gérer émotionnellement du premier coup. Après, j'ai eu beaucoup de bol, j'ai rencontré des femmes incroyables qui m'ont énormément aidé et qui m'ont appris certaines technologies spirituelles. Et donc, au lieu de basculer jusqu'à en crever, j'ai basculé six à sept ans mais après, je me suis reprise. Notamment grâce à l'amour."
Vous semblez d'ailleurs encore plus naturelle aujourd'hui, sans maquillage. Une nouvelle Lara Fabian ?
"C'est fatiguant de porter un masque… comme je le disais dans mon précédent album Camouflage . Ce matin, je me suis réveillée comme sur une peau de banane (sourire) . Mais je me suis dit : Ce n'est pas grave, je m'en fous, c'est comme ça que je suis dans la vie, que veux-tu y faire ? Quand tu vieillis ou quand tu vis des moments difficiles, tu crois que tu te rapproches de l'essentiel. J'ai perdu trois femmes importantes dans ma vie durant les trois derniers mois. Maurane, la maman du papa de ma fille que j'aimais profondément et la mère de mon meilleur ami qui est morte d'une maladie atroce. Alors là, on se dit… qu'on se maquillera le 31 ! Même si je fais toujours attention en représentation, peut-être qu'on devient plus sage et naturelle en vieillissant."
On ne pense donc pas à la chirurgie esthétique pour autant ?
"Je n'en ai pas encore fait mais je sais bien que je vais devoir y passer à un moment donné… j'ai quand même 50 ans (sourire) ! Ça commence à tomber un peu ici (Elle nous montre ses joues, NdlR) mais je n'ai pas envie d'être figée non plus. C'est pour ça que j'hésite. Pour l'instant, j'ai la trouille des aiguilles. Puis, j'ai un mari (le magicien Gabriel, NdlR) qui n'est pas tellement pour non plus… Ce n'est pas encore suffisamment catastrophique pour passer sur le billard (rires) !"
Sa nouvelle vie au Canada
"Avec The Voice , géographiquement, ce n'est pas possible de vivre en Belgique, concède la coach du télécrochet - où son confrère Garou n'a pas poursuivi l'aventure - qui habitait en Belgique auparavant. Je suis prise jusqu'en mai car j'ai rempilé pour un an dans l'émission. Mais c'est cool, on est bien là-bas, les Québécois sont les Belges d'Amérique du Nord, je m'y sens donc chez moi ! J'adore ce pays, on y respire un air particulièrement léger et pur. Ma fille est super heureuse là-bas, elle est à l'école vu qu'elle n'a que 10 ans. Elle adore cette atmosphère et ce type de vie. Ça été un grand plus et un grand bien pour nous tous mais je ne vous cache pas que ma famille et mes amis me manquent beaucoup beaucoup ici en Belgique…""Quand tu as 30 ans, tu pars, c'est génial, poursuit Lara Fabian. Mais quand tu en as 50 et que tu quittes tes racines, au sens des gens que tu aimes, c'est un peu plus douloureux… J'essaye donc de revenir le plus souvent possible. Mais après cette saison, il va falloir prendre une décision si je rempile ou si je rentre en Belgique. Heureusement que mon mari est la colonne vertébrale du fonctionnement de cette famille. Quand je m'en vais, je peux dormir sur mes deux oreilles car la petite est en sécurité. Même si Lou chante super bien, son rêve à elle est de devenir un grand chef pâtissier ! Et puis, elle fait aussi beaucoup de sport pour pouvoir bouffer des pâtisseries (rire) !"
La chanteuse a frôlé la mort...
"C'était un vol entre Milan et Hambourg en 2000, se souvient l'interprète d'Immortelle. Le pilote éteint les lumières et dit que l'hôtesse va passer avec des bouteilles d'alcool et qu'il ne sait pas si on va arriver jusqu'au bout. La fille passait en tremblant en distribuant les bouteilles. J'avais les deux enfants et mon ancienne manager à côté de moi qui pleurait comme une folle. Mon garde du corps depuis 20 ans, qui n'est pas du style à broncher, transpirait et avait les yeux brillants. En plus, ce vol arrivait dans la mauvaise période de ma vie… C'est là que j'ai mesuré l'impact de la perspective de la mort. Je me suis dit : ' Bon, ça y est, c'est fini.' Je n'avais pas de mari, ni d'enfants et je pense que les seuls qui auraient pleuré, ce sont mes parents. Raison pour laquelle il faut donc profiter de la vie car on ne sait jamais ce qui peut arriver le lendemain."