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Sarah Michelle Gellar revient, 10 ans après le phénomène Buffy contre les vampires, sur cette série qui a fait d’elle une icône


LOS ANGELES Durant sept saisons, elle a envoyé ad patres les Dracula aux canines démesurées, les zombies aux visages vérolés, les tronçonneurs méticuleux et compulsifs et autres créatures des ténèbres qui hantaient son campus. La série s’intitulait Buffy contre les vampires et pour mener son combat contre les forces maléfiques, cette blonde étudiante disposait de sérieux atouts : une stupéfiante maîtrise des arts martiaux – plus besoin de litres d’eau bénite, l’atémi apparaissait dans cette feuilletonnade doublement plus efficace que la quincaillerie de naguère (et toutes une bande d’amis aux dons divers).

Action, suspense, ouh ouh fais moi-peur à répétition, il n’en fallait pas plus pour que le public soit à… croc à Sarah Michelle Gellar. Dix ans après avoir rendu son pieu, l’ex-exterminatrice de vampires nous revient avec Ringer, une série dramatico-policière qui sonnera très rapidement aux abonnés absents faute d’audience. Mais une série en cache une autre. Et c’est dans la comédie que SM reviendra très bientôt…

On a le sentiment que Sarah Michelle Gellar s’était fait discrète ces dernières années…


“Disons que je suis devenue plus sélective dans mes choix professionnels. Après Buffy, j’ai voulu lever le pied. J’avais besoin de prendre du recul. En un mot buller. J’ai toujours eu une existence speedée. À onze ans, je disposais déjà de mon propre pager. Quand ma mère voulait me joindre, elle me bipait ! J’étais entrée dans une espèce de spirale infernale. Je n’en pouvais plus.

Physiquement, moralement, j’étais à bout de nerf. Je voulais souffler. Me reconstruire. En un mot vivre sans caméra autour de moi ! Buffy commençait, en effet, à me tuer à petit feu !”

Pendant sept ans, entre 1997 et 2003, vous avez décimé avec une belle énergie des légions de monstres dans Buffy. Dix ans après la fin de ce show, ça vous a fait quel effet de retrouver votre photo sur des taies d’oreiller, des tasses, des posters géants et une flopée de tee-shirts. En avez-vous gardé quelques-uns dans votre dressing ?


“Non ! Mais j’aurais dû ! (rires) Certains modèles doivent être collector aujourd’hui. Un jour, j’ai donné une interview à un journaliste américain. Il m’assurait que sa fille était tombée, par hasard, dans une boutique où étaient vendus des tampons et des serviettes hygiéniques estampillés Buffy. L’emballage était même rouge sang ! J’espère que c’était une blague…”

Pensiez-vous en intégrant cette série qu’on atteindrait une telle folie ?


“Non ! Ce fut un électrochoc ! Originaire de New York, je venais de débarquer à Los Angeles. J’étais un peu naïve. J’ignorais tout d’Hollywood, de la manière dont cet univers fonctionnait. Je ne savais même pas ce qu’était la Warner Bros – qui pourtant produisait le show. Bref ! J’étais loin de me douter que Buffy allait faire exploser l’audience à ce point. Si le public a tout de suite accroché au concept, on le doit, je crois, à l’originalité de l’intrigue, à la qualité des dialogues, à l’interaction entre les personnages, à… “

À vos minijupes surtout et au fait que vous leviez haut la jambe !


(rires) “J’étais sûre que vous alliez y faire référence. J’ose espérer que le succès de la série ne résidait pas là uniquement !”

Vous avez été consacrée à plusieurs reprises plus belle fille du monde. ll y aurait donc un décalage entre l’image que vous générez et votre façon de penser ?


“Franchement, ce statut de sex-symbol m’a toujours bien fait bien rigoler! Surtout quand je vois ma tête dans le miroir le matin au réveil ! Vous savez, la notion de beauté est très subjective. Personnellement, je ne me suis jamais considérée comme étant un canon de beauté. Je ne fais pas partie de ces femmes qui font sensation lorsqu’elles entrent dans une pièce. Je pense être mignonne tout au plus. Et j’ajoute que l’idée même qu’on attache de l’importance au physique me crispe au plus haut point. Quand je lis dans la presse que je suis une de ces jolies petites actrices blondes, ça me fiche hors de moi car je ne me reconnais pas dans ces remarques. Ce n’est pas moi. La preu- ve : je préfère lire des tragédies grecques pendant mon temps libre! Bref, je me considère d’abord, et quoi qu’il arrive, intelligente avant de me trouver jolie.”

Freddie Prinze Junior et vous filez le parfait amour depuis 2002. C’est plutôt rare les couples qui durent à Hollywood…


“Je m’étais fait la promesse de ne plus jamais sortir avec un acteur ou quelqu’un travaillant dans le show-biz. Il faut croire que mon destin en a décidé autrement. Freddie et moi, nous nous connaissions depuis cinq ans avant de nous marier. Ce qui nous a permis de mieux nous apprécier et d’établir une relation solide. Pour que je prenne la décision de sortir avec un garçon, il me faut beaucoup de temps. Je n’arrive pas en effet à m’engager avec un garçon en qui je n’ai pas une totale confiance. Souvent, j’écoute avec envie les récits amoureux de certaines de mes amies. Elles ne se posent pas de questions, elles foncent et elles voient ensuite ce qu’il se passe. Moi, j’observe avant de m’offrir…”

Lorsqu’on jette un œil sur votre filmographie, on s’arrête forcément sur Sex Intentions, film dans lequel vous embrassiez une fille avec la langue. Avec le recul, vous regrettez d’avoir tourné cette scène ?


“Embrasser quelqu’un devant une caméra, même un homme, c’est toujours très difficile. Le jour où j’ai tourné cette scène devenue culte, je n’arrêtais pas de me répéter que j’avais été obligée d’embrasser des types que je n’avais nulle envie d’embrasser. Selma Blair, au moins, c’était une amie. Toute la nuit précédente, je n’avais pensé qu’à ça, et je croyais que je n’arriverais jamais à le faire. Et, lorsque le moment fut venu, j’ai bien cru que j’allais vomir. Pour relever le défi, j’avais constamment à l’esprit les raisons de ce baiser. Par rapport à l’histoire. Au contexte. Cela n’avait rien de gratuit vous savez. Mais bon, je n’étais pas nue, c’est ça le plus important. La nudité me rend nerveuse… “

© La Dernière Heure 2013