"Ce fut l'enfer"

La tornade a démarré son trajet à Glimes, laissant de nombreuses traces

G. H.
"Ce fut l'enfer"
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La tornade a démarré son trajet à Glimes, laissant de nombreuses traces C'est ici, à Glimes (Incourt) que tout a commencé, vendredi soir. Peu après 18 h, une tornade a fait son apparition, laissant derrière elle une foule de dégâts mais heureusement aucune victime… si ce n'est un bovidé écrasé par une tête de peuplier.

Il faut dire que les vents ont été violents. "Le vrai coup de vent a duré quinze secondes, je dirais" , estime Jules Parys. " De ma vie, je n'avais jamais vu ça. Pendant ce laps de temps, ce fut l'enfer."

De la casse, il y en a eu. Dans la rue des Meuniers, des branches d'arbres sont tombées sur les câbles électriques, forçant ensuite le poteau qui les supportait à se briser en deux.

Dans la maison voisine, Edith Dubois se remémore les événements avec réalisme : "Finalement, nous avons eu de la chance. Par rapport à ce qui aurait pu arriver, nous nous en sortons bien avec quelques tuiles en moins. Nous pouvons nous estimer heureux."

Dans la rue de Huppaye, les pompiers de Jodoigne ont fort à faire : plusieurs toitures ont été touchées et il s'agit de bâcher de manière la plus durable possible les espaces vides.

Plus loin, c'est en bordure du camping résidentiel du Clos du Chêne que la tornade s'est le plus manifestée. " Nous étions partis faire des courses à Thorembais-Saint-Trond (Perwez) au moment où tout s'est passé" , explique une mère de famille. "À notre retour, un voisin nous a dit que notre toit s'était envolé. Nous avons d'abord cru à une blague avant de découvrir qu'effectivement, plusieurs plaques de polytuiles avaient quitté leur place. Nous sommes tombés des nues. Surtout en constatant que la pluie avait réussi à entrer dans les chambres, endommageant notamment les tablettes des enfants."

Autant dire que la visite de l'assureur était attendue ici… et ailleurs.

Les pieds sur terre

Chez Tempo d'Eole, on a constaté les dégâts… tout en continuant de répéter.

Qui n'a pas entendu parler de la fameuse bulle à verre (blanc) qui, "grâce à la tornade" , a quitté son emplacement en face du cimetière pour passer au-dessus de celui-ci et de son mur d'enceinte avant d'atterrir plusieurs dizaines de mètres plus loin ?

Chez Tempo d'Eole, une compagnie de spectacles équestres basée dans la rue Haute, à Jauchelette, on en sourit presque. C'est que la bulle est arrivée dans le pré où paissent habituellement les chevaux.

À quelques mètres de là, une roulotte qui sert traditionnellement de billetterie. "Elle a fait un tour de 180°… sans toucher le sol" , relate Loriane Roelandts, la propriétaire des lieux.

Des dégâts ? Les bâtiments en ont connu quelques-uns : la porte du hangar n'existe plus et des morceaux de l'abri des chevaux sont tombés sur l'un d'eux, ne lui causant heureusement que quelques égratignures. "C'était impressionnant" , avoue Loriane Roelandts. "J'ai notamment vu des tables et des chaises voler dans les airs. Si bien que, samedi matin, il a fallu aller ramasser tous les objets tombés dans le pré, histoire que les chevaux ne se blessent pas. "

Bref, pas le temps de se reposer. D'autant plus que des échéances se rapprochent, comme le 22 août à Aubel. "Nous n'avons pas de temps à perdre, précise la propriétaire. Notre énergie doit également être consacrée à ces répétitions. Heureusement, les dommages sont limités. Cela aurait pu être bien pire."

Une meule de foin qui s'en vient

Les hauteurs du village jodoignois ont été durement touchées par la tornade.

Une fois la tornade hors de Glimes (Incourt), c'est à Jauchelette (Jodoigne) qu'on a pu vérifier la puissance de ses vents. Dans la rue de la Dîme, notamment, les tuiles et ardoises ont volé.

Mais ce qui a le plus effrayé Danièle Willems, une riveraine, c'est la meule de foin qui a parcouru plusieurs dizaines de mètres avant d'arriver chez elle. "Ce fut le pire ! , raconte-t-elle. En regardant par la baie vitrée du rez-de-chaussée, je l'ai vue arriver, bondissante, avant de venir exploser la vitre. Et retomber dans le jardin. Juste avant, le vent s'était levé. J'ai d'abord aperçu les fauteuils de jardin rouler puis les tuiles tomber…"

A quelques mètres de là, les voisins discutent. L'humour est présent : "Avez-vous vu passer une piscine pour enfants ? Je ne la trouve plus." ou encore "J'ai ramassé ces morceaux de plastique chez moi. Je crois que ça provient de chez vous.".

Pendant ce temps-là , les pompiers de Jodoigne sont à pied d'oeuvre. Après une nuit très courte (au niveau des heures de sommeil), ils continuent de fixer les bâches au mieux en espérant que les dispositifs tiendront suffisamment longtemps.

Dans la rue des Buissons, par contre, les sourires ne sont pas d'actualité. Les dégâts sont en effet plus marqués pour certains foyers. Notamment dans cette famille qui avait emménagé il y a un mois dans une maison neuve et qui a vu son toit fortement endommagé.

Quant à l'abri de jardin, il est passé chez le voisin, écrasant une table… où l'intéressé se trouvait quelques secondes plus tôt !

Un drame a donc été évité de peu. "Je n'ai jamais vu ça !, témoigne Louis Gaziaux, un peu plus loin dans la rue tout en regardant les dégâts occasionnés au toit de sa maison et de son hangar. Mais, bon, on n'est pas mort donc ça va."

Une quarantaine d'habitations touchées

Les pompiers de Jodoigne ont passé des heures à bâcher des toits.

Omniprésents vendredi après le passage de la tornade, les pompiers de Jodoigne étaient encore sur le terrain durant la journée de samedi.

Au programme : la protection des toitures endommagées par le phénomène précité. Et Dieu sait s'il y en a eu : le travail s'est terminé vers 18 h samedi. "Le bilan fait état d'une quarantaine de maisons touchées par la tornade dont une quinzaine où les toitures devront être refaites entièrement ou presque", explique le commandant Serge Lauwerier. "Impossible, à l'heure actuelle, de faire une estimation des dégâts mais sachant que, selon un ardoisier, il faut compter entre 20.000 et 25.000 € pour un toit, cela donne une petite idée de l'ampleur financière des dégâts. Le bourgmestre f.f. de Jodoigne parlait peut-être d'ailleurs de faire une demande au fond des calamités… "

Concrètement, les hommes du feu, qui ont été fameusement aidés par leurs homologues des casernes de Wavre, Tubize, Braine-l'Alleud et Nivelles vendredi soir, ont principalement effectué des travaux de bâchage.

Avec ce que cela suppose en termes de lestage au moyen de sacs de sable puis de fixation avec des lattes de bois. Un ouvrage à réaliser chaque fois avec soin : c'est qu'on annonçait encore des bourrasques dimanche. "Nous avons justement reçu quelques appels de gens interpellés par le bruit que faisait la bâche sur leur toit et inquiets quant à la résistance du dispositif", constate Serge Lauwerier. "Nous sommes donc allés contrôler pour être sûrs."

À noter également les tronçonnages que les pompiers ont dû effectuer ça et là, lorsque des branches ou des arbres menaçaient des espaces publics. Par contre, pour ce qui est des propriétés privées, ce n'était pas de leur ressort.

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