Julie Chantry, la femme qui brisa "le plafond de verre" à Ottignies-LLN

Gatien Lambert
Julie Chantry, la femme qui brisa "le plafond de verre" à Ottignies-LLN

L'ombre portée par Jean-Luc Roland va diriger Ottignies-LLN jusqu'en 2024. L'ascension de Julie Chantry est fulgurante. Rencontre.

Le "plafond de verre" est le constat qu'il existe un plafond invisible où se heurtent les femmes à atteindre des postes à haute responsabilité. À Ottignies-LLN, mais aussi chez Ecolo, Julie Chantry a prouvé aux dernières élections qu'une femme pouvait le briser. Et d'accéder au pouvoir local suprême. Depuis le 3 décembre, elle est officiellement bourgmestre.

Pour ceux qui vous connaissent peu, ou pas du tout, qui est Julie Chantry en quelques mots ?

"Une native de la région puisque j'habite à Ottignies, entre le centre et la gare, une super situation en termes de déplacements et de facilités. Mais j'ai grandi à Rofessart. Je suis maman de trois enfants entre 10 et 16 ans. J'ai étudié les langues romanes à l'UCL. Dix ans plus tard, j'ai fait une formation de conseiller en environnement et en mobilité pour ensuite travailler dans le secteur du logement et de la participation citoyenne."

Et puis la politique…

"J'ai habité dix ans à Bruxelles avant de revenir à Ottignies. Et à mon retour, j'ai eu envie de faire quelque chose de concret pour ma commune. J'ai d'abord lancé un groupe d'achats communs pour permettre d'avoir des produits alimentaires issus directement des producteurs en réalisant des circuits courts. Il y avait cette envie de recréer du lien dans cette commune. Et puis, on m'a proposé d'être sur une liste Ecolo en 2012 pour compléter la liste."

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Vous, comme Jean-Luc Roland, vous expliquez beaucoup que le plus difficile est d'expliquer l'action politique auprès des habitants. Or, vous utilisez très peu les réseaux sociaux ou les moyens de communications modernes. N'y a-t-il pas un paradoxe ?

"Peut-être… Il est vrai que c'est un domaine dans lequel je suis totalement à l'aise. Je ne me suis jamais retrouvée dans la logique des réseaux sociaux car je ne voulais pas un profil Facebook public. Pourquoi ? Car je pense que l'écrit déforme beaucoup les paroles puisque l'on doit beaucoup synthétiser sans intonation. Dans l'écrit, quand on dit des choses, c'est souvent mal interprété. Et ça m'énerve. J'aime tellement mieux expliquer que les gens comprennent dans l'expression quelle est l'intention derrière."

Comment expliquez-vous le score d'Ecolo à Ottignies légèrement en repli alors que les verts progressent partout ?

Certaines de nos voix sont parties dans les listes citoyennes comme Locale et Kayoux. C'est un signal fort qu'on se doit de prendre en compte.

  • Sa priorité?

Participation, encore et encore

Dans son portefeuille de compétences, outre les compétences ordinaires d'un bourgmestre comme la police et les affaires générales, Julie Chantry endossera aussi la participation. Une compétence qui lui tient à cœur et qu'elle compte mettre largement en avant durant sa mandature. "Côté participation, nous avons déjà des organes consultatifs comme les conseils consultatifs. On essaye de les réévaluer pour voir quel serait le processus qui permettrait de mieux s'y retrouver. Certains ont bien fonctionné, d'autres moins bien. Pour l'avenir, conservons ce qui fonctionne et adaptons ce qui fonctionne moins bien, explique-t-elle sans oublier les canaux d'information modernes pour informer (lire dans l'interview). Après, on veut toujours améliorer l'information et donc pourquoi pas utiliser les réseaux sociaux en tant que Ville. Mais n'oublions les contacts directs avec la population, avec les citoyens pour expliquer notre action politique."

Et des comités de quartier? "Créons-en ! Souvent, les comités de quartier se constituent en réaction à un projet, en opposition à l'arrivée de quelque chose dans leur quartier. Ne faut-il pas inciter à créer des comités plutôt positifs? Travailler à des budgets participatifs liés à des activités dans les quartiers? Tout ça est à construire avec on l'espère des propositions concrètes en 2019."

Et des consultations populaires? "On ne peut pas faire ça chaque année car cela mobilise beaucoup l'administration et cela a un coût. Concernant l'extension de l'Esplanade, la question était légitime et la consultation à la hauteur de ce projet."La zone 30 et du logement accessible

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  • Sa priorité?

Rare bourgmestre à se déplacer à vélo électrique, Julie Chantry a défendu, durant la campagne avec Ecolo, l'implantation d'une zone 30 dans l'entité. Un projet toujours présent dans ses cartons ? "Il est clair que l'on va essayer de le mettre en place. On l'a défendu durant la campagne, il est donc essentiel d'aller jusqu'au bout de nos idées. Quand on voit les villes où cela a déjà été réalisé, les citoyens en sont ravis, notamment du côté de la Flandre. Mais on veut mettre en place un programme de mobilité ambitieux. La zone 30 sera une part de tout ce déploiement multimodal qui comprendra le développement des modes de transport doux, les voitures partagées ou les vélos partagés." De là à limiter une grande partie de la commune à 30 km/h? "Oui, principalement sur les axes communaux puisqu'on ne peut travailler que sur nos voiries dans un premier temps. Dans un deuxième temps, on réfléchira aux voiries régionales."

La tripartite citoyenne (Ecolo-Avenir/CDH-PS) maintiendra également les 10 % de logements publics même si ce n'est plus une obligation de la Région wallonne. "À Ottignies, c'est une politique volontariste, précise-t-elle. Aussi, on a envie de développer notre 'Community Land Trust' et d'obtenir des terrains à bâtir pour les mettre à disposition de candidats constructeurs qui ne payeraient pas le terrain et n'avoir que le coût de construction."

  • CV Express

  1. 1992 : Sort de ses années secondaires au Lycée Martin V à Louvain-la-Neuve.
  2. 1996 : Décroche un diplôme en romanes à l'UCLouvain avant de travailler Chez Habitat.
  3. 2012 : Est élue conseillère communale Ecolo pour la première fois.
  4. 2015 : Devient, entre autres, échevine de l'Environnement à mi-mandature.
  5. 2018 : Prête serment le 3 décembre et succède à Jean-Luc Roland.
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