Brabant Wallon Trop d’animaux périssent dans ces pièges d’une cruauté absolue

Depuis plusieurs années, la chasse au collet classique est interdite en Wallonie. Seul le collet à arrêtoir, censé empêcher l’étranglement des animaux capturés, est autorisé, à condition qu’il soit installé par un garde-chasse assermenté.

Mais cela n’empêche pas les braconniers de continuer à pratiquer la chasse au collet classique pour piéger des lapins, par exemple. Et certains particuliers s’en serviraient également pour tuer des renards trop tentés par les poules qu’ils élèvent.

Chaque année, des dizaines de plaintes sont déposées pour pratique de la chasse au collet en Belgique. Car le problème, c’est que, bien souvent, les animaux capturés ne sont pas ceux ciblés. Les blaireaux sont ainsi nombreux à en être victimes. Les chats aussi.

Pas plus tard que ce week-end, une habitante de Grez-Doiceau a retrouvé son chat, mort atrocement mutilé dans l’un de ces pièges. Il faut dire que la chasse au collet est particulièrement cruelle : l’animal qui tombe dans le piège se débat inévitablement. Ce qui provoque le resserrage du collet. Si un taquet empêche l’étranglement dans le cas des collets à arrêtoir, il n’empêche pas de serrer la poitrine ou les hanches de l’animal, qui s’entaille dès lors profondément la peau.

Active depuis 1974, la section brabançonne de l’association Connaissance et Protection de la Nature (CPN) lutte depuis de nombreuses années pour l’interdiction de la chasse au collet. "La chasse au collet classique est interdite en Wallonie, mais le collet à arrêtoir est malheureusement toujours autorisé, déplore Denis Salmon, président du CPN Brabant. Le ministre Di Antonio se justifie en expliquant que le collet à arrêtoir est sélectif. Mais c’est faux, il capture aussi bien les renards (NdlR : la cible recherchée) que les blaireaux ou même les chats. Un jour, il pourrait même arriver qu’un petit enfant s’y fasse prendre."

L’objectif du collet à arrêtoir serait de réguler une population de renards croissante. "Le ministre prétend qu’il y a trop de renards en Wallonie. C’est totalement faux et plusieurs études scientifiques récentes tendent à prouver le contraire. Seulement, pour des raisons électorales, il est sans doute préférable de dire le contraire."

Par le passé, le CPN Brabant avait lancé une pétition pour l’arrêt de la chasse à l’arrêtoir. Mais cette pétition est restée sans réponse. "Visiblement, le ministre ne se sent pas concerné. Pourtant, il faut savoir qu’un renard mange entre 6.000 à 10.000 rongeurs par an. C’est un prédateur naturel très utile pour lutter contre la prolifération des rongeurs. Et l’on sait ce que ça a donné par le passé."

Au moyen-âge, les chats étaient en effet chassés, car on disait qu’ils apportaient le malheur. Sans leur prédateur naturel, les rats se sont alors multipliés, apportant la peste avec eux. Laquelle fut responsable de millions de morts en Europe.

Quant aux particuliers qui se complaisent à installer des pièges à collet, le CPN rappelle que c’est une activité illicite, passible d’une solide amende. "Le renard est un prédateur nocturne. Si vous craignez pour vos poules, il suffit de les rentrer la nuit. Il existe d’ailleurs des poulaillers très performants qui empêchent l’intrusion d’un renard. Et puis, tuer un renard ne sert à rien puisqu’un autre prendra rapidement sa place." Y. N.