Le cri de détresse de l'Os à Moelle
Samuel et Aurélie, les gérants du cabaret, toujours sans subsides, ne parviennent plus à faire face à leurs échéances financières.
- Publié le 04-03-2016 à 07h07
- Mis à jour le 04-03-2016 à 13h21

Samuel et Aurélie, les gérants du cabaret, toujours sans subsides, ne parviennent plus à faire face à leurs échéances financières. "Nous nous étions promis de ne jamais en parler publiquement, de garder le courage de faire face à l'impossible pour ne pas impliquer l'entourage de l' Os à Moelle dans nos difficultés. Mais cela devient impossible, au pied du mur, nos mains sont trop blessées, nous n'arrivons plus à grimper…", a confié mercredi Samuel, le gérant de l'Os à Moelle, un petit cabaret situé à deux pas du rond-point Plasky, à Schaerbeek.
C'est ainsi que ce passionné de théâtre et de spectacle introduit le long texte qu'il a posté dans l'après-midi sur Facebook. Un cri de détresse causé par les problèmes financiers du cabaret qui était destiné à ses seuls proches, mais que Samuel a finalement posté sur la page officielle du cabaret. "On a reçu tellement de messages de soutien qu'on a décidé de demander l'aide des internautes", explique Aurélie, qui s'occupe de la salle avec Samuel.
C'est en 2010 que ce Bruxellois de 36 ans reprend officiellement la gérance de l'Os à Moelle. Installé dans une cave, le cabaret régale alors, depuis 50 ans déjà, un public d'habitués. Au programme : des soirées impro, des concerts, des spectacles burlesques, et parfois même des quizz qui rassemblent presque chaque jour entre 80 et 200 spectateurs. Un choix de passion plus que de raison : l'établissement traîne des dettes et ne perçoit pas ou peu de subsides lorsque Samuel en reprend les rênes.
Mais l'homme est un passionné et croit dur comme fer au potentiel de la petite salle. Aidé à plein-temps par Aurélie, sa compagne, le Schaerbeekois ne compte pas ses heures pour placer l'Os à Moelle sur l'échiquier des salles de spectacle bruxelloises. Avec un certain succès, puisque la réputation de celui-ci n'est plus à faire en Région bruxelloise. La petite cave du 153 de l'avenue Emile Max attire ainsi chaque mois quelque 900 spectateurs. Sauf que le couple n'a jamais atteint son deuxième objectif : parvenir à vivre convenablement de son travail.
Si les sacrifices personnels sont parfois lourds pour Aurélie et Samuel - ceux-ci ont toujours voulu payer les artistes décemment quitte à ne rien toucher de la recette - ce sont les dettes, jamais épongées, qui placent aujourd'hui le duo au pied du mur. Malgré son succès grandissant, et ses nombreuses représentations se jouant à guichet fermé, l'Os à Moelle ne touche aucun subside. "Nous avons peur pour l'avenir de l'Os à Moelle, nous avons peur de le perdre, de nous perdre. Aurélie et moi ne cessons jamais de chercher des solutions, de faire des concessions", explique Samuel sur Facebook.
Toutes les aides sont les bienvenues, expliquent-ils, espérant récolter rapidement les 40.000€ nécessaires au remboursement de leur dette. Les personnes intéressées ont le choix entre un don et un prêt.
Plus d'infos: www.osamoelle.be.
